{"id":1095,"date":"2023-06-11T17:33:00","date_gmt":"2023-06-11T17:33:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialwatch.org\/2023\/06\/how-can-multilateralism-lead-the-path-towards-equity\/"},"modified":"2025-11-06T17:37:34","modified_gmt":"2025-11-06T17:37:34","slug":"how-can-multilateralism-lead-the-path-towards-equity","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/2023\/06\/how-can-multilateralism-lead-the-path-towards-equity\/","title":{"rendered":"Comment le multilat\u00e9ralisme peut-il mener \u00e0 l'\u00e9quit\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"471\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1091\" style=\"width:199px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png 600w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6-300x236.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 civile a d\u00e9battu avec l'<a href=\"https:\/\/www.un.org\/sg\/en\/content\/profiles\/earle-rattray-0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ambassadeur Courtenay Rattray<\/a>, chef de cabinet du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies, de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former les institutions multilat\u00e9rales, de la s\u00e9curit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 alimentaires, du r\u00f4le du syst\u00e8me financier, de la pand\u00e9mie, du commerce et du lien entre le d\u00e9veloppement et les droits de l'homme. Toutes les crises simultan\u00e9es conduisent \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former la gouvernance mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Roberto Bissio<sup><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18705#_edn*\">*<\/a><\/sup><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\"Lorsque vous \u00e9coutez le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies parler du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, c'est un message effrayant\", a d\u00e9clar\u00e9 l'<a href=\"https:\/\/www.un.org\/sg\/en\/content\/profiles\/earle-rattray-0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ambassadeur Courtenay Rattray<\/a>&nbsp;aux participants du&nbsp;<a href=\"https:\/\/sites.google.com\/gpolicywatch.org\/ldc5-csf\/report\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/a>*. Il a cit\u00e9 son patron qui s'inqui\u00e9tait de la pand\u00e9mie de COVID-19 et des chocs sur l'offre qui en ont r\u00e9sult\u00e9, de l'inflation qui en a d\u00e9coul\u00e9, du fait que nous sommes dans une situation o\u00f9 de nombreux pays ont une dette insoutenable, avec 25 PMA qui d\u00e9pensent 20 % de tout ce qu'ils gagnent pour le service de la dette. Pouvez-vous imaginer cela ?<\/p>\n\n\n\n<p>Commentant le th\u00e8me de la table ronde, \"l'\u00e9quit\u00e9 dans le multilat\u00e9ralisme\", il a not\u00e9 que \"le th\u00e8me semble bizarre. En effet, le&nbsp;<strong>multilat\u00e9ralisme est aujourd'hui menac\u00e9<\/strong>. Et les personnes qui le ressentent le plus, je crois, sont ces 46 PMA et leurs habitants qui souffrent vraiment\".<\/p>\n\n\n\n<p>Il a ajout\u00e9 que \"les PMA \u00e9taient au nombre de 25 lorsque cette cat\u00e9gorie de pays a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1971. Aujourd'hui, il y en a 46, ce qui signifie que nous ne nous en sortons pas tr\u00e8s bien dans ce domaine. Nous parlons d'environ un milliard de personnes, soit 13 % de la population mondiale, mais seulement 1,3 % du PIB mondial et moins de 1 % du commerce mondial. Ces indicateurs sont vraiment, vraiment accablants en ce qui concerne les progr\u00e8s que nous avons r\u00e9alis\u00e9s au fil des ans.<\/p>\n\n\n\n<p>\"En raison du fardeau \u00e9crasant de la dette, nous vivons \u00e0 l'\u00e8re d'une crise politique, d'une myriade de crises mondiales avec des retomb\u00e9es dans tous les pays du monde. La question que je vais donc poser aux pan\u00e9listes est la suivante : dans votre contexte et selon votre exp\u00e9rience, comment le multilat\u00e9ralisme peut-il ouvrir la voie vers l'\u00e9quit\u00e9 qui est si n\u00e9cessaire pour garantir le droit au d\u00e9veloppement des PMA ? Voyez-vous des exemples prometteurs ou des domaines sp\u00e9cifiques qui, selon vous, devraient \u00eatre encourag\u00e9s de mani\u00e8re positive ?\"<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Unissez-vous et d\u00e9fendez vos droits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g210aac91fec_1_71\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Meena Raman<\/strong><\/a><strong>&nbsp;:<\/strong>&nbsp; \"Beaucoup d'entre nous ont suivi la conf\u00e9rence des parties, se sont rendus \u00e0 l'ONU \u00e0 New York et \u00e0 l'OMC \u00e0 Gen\u00e8ve pour suivre ces n\u00e9gociations. Nous avons travaill\u00e9 sur le terrain avec les populations autochtones, les communaut\u00e9s foresti\u00e8res, les agriculteurs, etc. pour faire entendre leur voix sur la sc\u00e8ne internationale, puis nous sommes retourn\u00e9s sur place pour rendre compte de ce que nous avions obtenu. Tr\u00e8s peu. Le multilat\u00e9ralisme est-il vivant ? Nous esp\u00e9rons toujours que le multilat\u00e9ralisme pr\u00e9vaudra. Malheureusement, ceux d'entre nous qui se sont engag\u00e9s dans cette voie constatent que nous nous trouvons vraiment dans une crise \u00e9norme, \u00e9norme.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, j'ai consult\u00e9 le programme d'action de Doha sur Google \u00e0 la recherche de l'expression&nbsp;<strong>\"responsabilit\u00e9 commune mais diff\u00e9renci\u00e9e\"&nbsp;<\/strong>et je ne l'ai pas trouv\u00e9e. J'ai \u00e9t\u00e9 horrifi\u00e9. En effet, dans la Convention sur la diversit\u00e9 biologique, issue de l'\u00e9poque de Rio 1992, et dans l'Accord de Paris, dans la Convention-cadre sur le changement climatique, les obligations des parties sont fond\u00e9es sur la \"responsabilit\u00e9 commune mais diff\u00e9renci\u00e9e et les capacit\u00e9s respectives\", ce qui est fondamental en raison de la responsabilit\u00e9 historique du Nord. L'APD dont nous parlons n'est pas de la charit\u00e9. Il s'agit de l'histoire de la colonisation\".<\/p>\n\n\n\n<p>M. Raman a ajout\u00e9 : \"une grande partie du Nord, le monde d\u00e9velopp\u00e9, m\u00eame dans l'Accord de Paris, a n\u00e9goci\u00e9 la question de savoir si l'\u00e9quit\u00e9 et la CBDR devaient continuer \u00e0 exister. Ils ont ensuite introduit une virgule, puis une 'circonstance nationale' et, \u00e0 Glasgow, pour les n\u00e9gociations sur le climat, la virgule a disparu, de m\u00eame que le terme 'commun' et 'diff\u00e9renci\u00e9'. Et maintenant, il y a partout une \"responsabilit\u00e9 partag\u00e9e\". Depuis quand ceux d'entre nous qui ne sont pas \u00e0 l'origine du probl\u00e8me doivent-ils en partager la responsabilit\u00e9 ? Le&nbsp;<strong>Nord tente tr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de r\u00e9duire, de d\u00e9cimer sa responsabilit\u00e9 historique&nbsp;<\/strong>dans une grande partie de la crise dans laquelle nous nous trouvons, et il tente \u00e9galement de ren\u00e9gocier tout ce que nous avons accept\u00e9 dans les diff\u00e9rents trait\u00e9s. L'Accord de Paris est un trait\u00e9, la Convention-cadre sur les changements climatiques est un trait\u00e9. Il y a eu toute la bataille \u00e0 Montr\u00e9al autour de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique pour savoir si la CDB devait aussi reconna\u00eetre la responsabilit\u00e9 commune mais diff\u00e9renci\u00e9e.\"<\/p>\n\n\n\n<p>\"O\u00f9 est l'\u00e9quit\u00e9 dans le processus multilat\u00e9ral ? Les pays en d\u00e9veloppement ont r\u00e9ussi, lors de la conf\u00e9rence des parties de Sharm Al Sheikh, \u00e0 cr\u00e9er&nbsp;<strong>un fonds pour les pertes et les dommages.<\/strong>&nbsp;Il est vide pour l'instant, mais nous l'avons obtenu. Et ce, gr\u00e2ce au secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies, qui a affirm\u00e9 avec force que la crise climatique \u00e9tait l'autoroute de l'enfer et que ceux qui sont les moins responsables, comme les PMA, sont les plus touch\u00e9s en raison de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. La seule raison pour laquelle nous avons r\u00e9ussi \u00e0 obtenir un fonds pour les pertes et dommages est l'unit\u00e9 du G77 et de la Chine, ainsi que la pression exerc\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile. Aux \u00c9tats-Unis en particulier, ils sont all\u00e9s au Congr\u00e8s, ont travaill\u00e9 avec le caucus progressiste, ont travaill\u00e9 avec l'administration pour leur faire honte. Aujourd'hui, nous disposons d'un fonds pour les pertes et les dommages, mais il n'est pas aliment\u00e9. Nous avons le Fonds vert pour le climat que les pays en d\u00e9veloppement ont r\u00e9ussi \u00e0 faire approuver en 2010 \u00e0 Canc\u00fan, et l\u00e0 encore, les \u00c9tats-Unis n'ont pas tenu leur promesse. Nous devons donc lutter contre la superpuissance mondiale, et cela ne peut se faire que si nous sommes unis en tant que soci\u00e9t\u00e9. Pas seulement nos gouvernements, mais aussi les soci\u00e9t\u00e9s du Nord et du Sud, et c'est la seule fa\u00e7on de les obliger \u00e0 rendre des comptes.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Raman a conclu : \"Nous devons maintenir le multilat\u00e9ralisme en vie. Nous ne pouvons pas d\u00e9pendre du FMI, de la Banque mondiale ou de l'OMC, qui sont con\u00e7us pour nous maintenir l\u00e0 o\u00f9 nous sommes. Nous ne pouvons pas nous contenter de changements progressifs dans ces institutions. Mia Motley, Premier ministre de la Barbade, a fait une d\u00e9claration \u00e9loquente sur la n\u00e9cessit\u00e9 des droits de tirage sp\u00e9ciaux. Mais il n'est pas possible de r\u00e9acheminer les DTS par l'interm\u00e9diaire du FMI, car c'est le FMI qui nous a conduits l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions au d\u00e9part.&nbsp; Nous devons revenir aux Nations unies, o\u00f9 chaque voix compte, et nous devons revigorer les Nations unies. Nous consid\u00e9rons l'ONU comme le lieu o\u00f9 nous demandons des comptes aux gouvernements. Et la seule fa\u00e7on d'avoir un espoir en enfer est d'\u00eatre ensemble et unis et, comme l'a chant\u00e9 Bob Marley, de d\u00e9fendre nos&nbsp;<strong>droits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La construction financi\u00e8re est archa\u00efque et anachronique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M. Rattray a r\u00e9agi imm\u00e9diatement en d\u00e9clarant : \"Et n'abandonnez pas le combat !&nbsp;&nbsp;<strong>La finance est en effet une question centrale.<\/strong>&nbsp;Si vous regardez le stock mondial d'actifs sous gestion, il s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 112 000 milliards de dollars. Il s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 112 000 milliards de dollars, ce qui signifie qu'il n'y a pas de p\u00e9nurie de financement. Le probl\u00e8me est de savoir comment acc\u00e9der au financement. Comment les PMA peuvent-ils acc\u00e9der aux march\u00e9s des capitaux avec des taux d'int\u00e9r\u00eat aussi exorbitants ? Il est tr\u00e8s difficile d'assurer le service de la dette si l'on a une notation inf\u00e9rieure \u00e0 celle d'un investissement et que l'on acc\u00e8de au march\u00e9 \u00e0 un taux \u00e0 deux chiffres, et que l'on paie parfois 50 % de ce que l'on gagne. Et sur les DTS, il y a une \u00e9mission \u00e9quivalente \u00e0 650 milliards de dollars. Comme tout est bas\u00e9 sur le syst\u00e8me de quotas du FMI, les pays riches ont les quotas les plus \u00e9lev\u00e9s, ils ont donc obtenu la majeure partie des 650 milliards de dollars. Les pays riches re\u00e7oivent les DTS, dont ils n'ont pas vraiment besoin. Ils devraient donc les r\u00e9affecter aux pays en d\u00e9veloppement. Comment cela s'est-il pass\u00e9 ? Pas de r\u00e9affectation. Ils ont simplement empoch\u00e9 ces 650 milliards de dollars de DTS\".<\/p>\n\n\n\n<p>Il reconna\u00eet que&nbsp;<strong>le Nord ne remplit pas bien ses obligations<\/strong>. \"Les PMA \u00e9taient cens\u00e9s recevoir des pays d\u00e9velopp\u00e9s 0,15 \u00e0 0,2 % de leur RNB. Cela n'a jamais \u00e9t\u00e9 le cas. Et lors de la COP de Copenhague en 2009, nous \u00e9tions tous cens\u00e9s recevoir 100 milliards de dollars par an. Cela n'a pas \u00e9t\u00e9 le cas non plus. Nous devons donc restructurer l'ensemble du syst\u00e8me, et le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral a appel\u00e9 \u00e0 une&nbsp;<strong>r\u00e9forme de l'<\/strong>architecture<strong>&nbsp;financi\u00e8re internationale<\/strong>, qui n'a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e dans l'int\u00e9r\u00eat des pays en d\u00e9veloppement et \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 de nombreux pays en d\u00e9veloppement n'existaient m\u00eame pas. Nous essayons donc de r\u00e9soudre notre probl\u00e8me actuel sur la base d'une construction archa\u00efque et anachronique\".<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les gouvernements du Nord ont d\u00e9fendu les int\u00e9r\u00eats de leurs grandes soci\u00e9t\u00e9s pharmaceutiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g1dd36082dac_0_0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Gita Sen<\/strong><\/a>&nbsp;s'est pr\u00e9sent\u00e9e en disant : \"Je travaille \u00e9galement avec un r\u00e9seau appel\u00e9&nbsp;<strong>Feminists for a People's Vaccine<\/strong>, actif dans la lutte pour l'\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re de vaccins et de m\u00e9dicaments dans le syst\u00e8me mondial. Aujourd'hui, certains voudraient nous faire croire que la pand\u00e9mie est termin\u00e9e, mais je ne le crois pas. Et je suis en fait un expert en sant\u00e9 publique. Et qu'elle n'a pas vraiment affect\u00e9 les pays africains. Ni l'un ni l'autre n'est vrai. En particulier, si le fait d'avoir une population relativement jeune a pu offrir une certaine protection contre les taux de mortalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s en Afrique, les effets de la pand\u00e9mie se sont traduits par des difficult\u00e9s \u00e9conomiques extr\u00eames et in\u00e9quitables. Les syst\u00e8mes de sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 fragiles ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 rude \u00e9preuve, et les pauvres, les migrants, les femmes, en tant que soignants de premi\u00e8re ligne, les filles priv\u00e9es d'opportunit\u00e9s \u00e9ducatives, les personnes handicap\u00e9es et bien d'autres encore ont d\u00fb supporter un lourd fardeau.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Il y a trois corrections de trajectoire critiques pour lesquelles nous pouvons r\u00e9ellement lutter, et il est extr\u00eamement important que les PMA et les pays africains travaillent ensemble. La&nbsp;<strong>premi\u00e8re<\/strong>, que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral a appel\u00e9e de ses v\u0153ux, est bien connue. Lorsque la pand\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 reconnue comme une crise mondiale majeure, l'Afrique du Sud et l'Inde ont propos\u00e9 une&nbsp;<strong>d\u00e9rogation aux droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle dans le cadre de l'OMC<\/strong>. Plus de 60 autres pays se sont joints \u00e0 eux en tant que parrains et coparrains, demandant une d\u00e9rogation temporaire, de trois ans seulement, sur les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle des produits pharmaceutiques, ce qui affecterait principalement les grandes entreprises pharmaceutiques, comme condition pr\u00e9alable \u00e0 un acc\u00e8s \u00e9quitable aux m\u00e9dicaments contre les pand\u00e9mies. Il ne s'agit pas seulement de vaccins, mais aussi de m\u00e9dicaments, de th\u00e9rapies, d'\u00e9quipements et de kits de test. Les r\u00e8gles actuelles de l'OMC sur les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle rendent impossible un acc\u00e8s \u00e9quitable \u00e0 ces m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Les gouvernements du Nord ont d\u00e9fendu les int\u00e9r\u00eats de Big Pharma. Malgr\u00e9 l'extr\u00eame in\u00e9galit\u00e9 vaccinale, ils ont constitu\u00e9 d'\u00e9normes stocks de vaccins inutilis\u00e9s, jetant honteusement \u00e0 la poubelle les vaccins inutilis\u00e9s au fur et \u00e0 mesure que leur date de p\u00e9remption arrivait \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance\". Malheureusement, la Conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l'OMC, MC 12, en juin 2022, n'a pas approuv\u00e9 la d\u00e9rogation. Mais elle a apport\u00e9 un changement important en ce qui concerne les licences obligatoires. Les r\u00e8gles de l'OMC autorisent en effet l'<strong>octroi de licences obligatoires&nbsp;<\/strong>pour les m\u00e9dicaments dans certaines conditions, comme les urgences nationales, les situations d'extr\u00eame urgence ou uniquement pour un usage public non commercial. Un gouvernement peut recourir \u00e0 l'octroi de licences obligatoires pour produire des m\u00e9dicaments au niveau national dans ces conditions, mais il peut \u00e9galement le faire pour un plus grand nombre de raisons, notamment l'int\u00e9r\u00eat public, la s\u00e9curit\u00e9 sanitaire ou la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Bien entendu, le Nord et les grandes soci\u00e9t\u00e9s pharmaceutiques exercent d'\u00e9normes pressions pour emp\u00eacher les pays d'agir de la sorte. Et soudain, nous avons constat\u00e9 que lors des n\u00e9gociations de la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle, afin d'\u00e9viter les pressions en faveur d'une d\u00e9rogation, les pays qui disaient \"non, non, m\u00eame si c'est dans les r\u00e8gles de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, vous ne pouvez pas utiliser les licences obligatoires\", disaient soudain \"les licences obligatoires sont l\u00e0\". Le changement important est que les pays peuvent d\u00e9sormais exporter ce qui a \u00e9t\u00e9 produit sous licence obligatoire. Les pays \u00e0 revenus moyens inf\u00e9rieurs (PRFI) et les PMA doivent tirer pleinement parti de ce changement, \u00e9tant donn\u00e9 que de nombreux pays du Sud disposent des capacit\u00e9s de production et d'exportation n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Urgences sanitaires de port\u00e9e internationale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deuxi\u00e8mement<\/strong>, les pays du Nord ont refus\u00e9 de parler d'autre chose que de vaccins lors de la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de juin dernier. Qu'en est-il des m\u00e9dicaments pour le traitement ? Qu'en est-il de l'\u00e9quipement ? La question a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e aux calendes grecques. Ils ont dit : \"Dans six mois, nous parlerons de ces choses-l\u00e0\". Bien entendu, ces six mois sont pass\u00e9s. Ce qui se passe actuellement, c'est que les \u00c9tats membres de l'OMS, l'Organisation mondiale de la sant\u00e9, n\u00e9gocient des amendements au r\u00e8glement sanitaire international afin de relever les d\u00e9fis pos\u00e9s par ce que l'on appelle les \"urgences de sant\u00e9 publique de port\u00e9e internationale\", telles que la pand\u00e9mie de COVID-19. Les amendements propos\u00e9s au r\u00e8glement sanitaire international comprennent des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s relatifs \u00e0 l'<strong>\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re de production et d'acc\u00e8s,&nbsp;<\/strong>qui sont actuellement examin\u00e9s par un comit\u00e9 ayant pour mandat de fournir des conseils techniques au directeur g\u00e9n\u00e9ral de l'OMS. Cette question rel\u00e8ve donc d\u00e9sormais de l'OMS, et non plus de l'OMC, et l'OMS est beaucoup plus favorable \u00e0 l'\u00e9quit\u00e9, m\u00eame si elle est confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s de financement et \u00e0 d'autres d\u00e9fis.<\/p>\n\n\n\n<p>Les PMA et les PRFM doivent s'assurer que, dans ces n\u00e9gociations, l'\u00e9quit\u00e9 reste au premier plan et que le rapport du comit\u00e9 d'examen technique reste technique. En effet, ce comit\u00e9 a tendance \u00e0 s'\u00e9carter de ce qui est techniquement faisable et \u00e0 commencer \u00e0 parler de ce qui est appropri\u00e9, etc. Il s'agit d'un mandat politique qui appartient aux \u00c9tats membres, et ces derniers doivent affirmer leur droit \u00e0 prendre ces d\u00e9cisions.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Troisi\u00e8mement<\/strong>, un soi-disant&nbsp;<strong>instrument de lutte contre la pand\u00e9mie&nbsp;<\/strong>a \u00e9t\u00e9 introduit quelques mois plus t\u00f4t par certains \u00c9tats membres du Nord, avant les discussions sur la d\u00e9rogation. Certains d'entre nous avaient alors fait valoir qu'il s'agissait d'un faux-fuyant. Pourquoi, au plus fort de la pand\u00e9mie COVID-19, les \u00c9tats membres passeraient-ils leur temps \u00e0 discuter d'un trait\u00e9 sur une future pand\u00e9mie ? Ce trait\u00e9 n'avait rien \u00e0 voir avec la pand\u00e9mie dans laquelle nous nous noyions \u00e0 l'\u00e9poque. Cependant, il fait maintenant l'objet de n\u00e9gociations s\u00e9rieuses et, bien qu'il soit per\u00e7u comme un instrument potentiel, consacr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9vention, \u00e0 la r\u00e9ponse, \u00e0 la pr\u00e9paration et au r\u00e9tablissement des syst\u00e8mes de sant\u00e9, et qu'il soit cens\u00e9 inclure l'acc\u00e8s \u00e9quitable, on craint que son champ d'application soit beaucoup plus \u00e9troit que ce qui est discut\u00e9 par l'OMS dans le cadre de l'amendement au r\u00e8glement sanitaire international dont je viens de parler. On peut craindre qu'il y ait un conflit entre le trait\u00e9 sur les pand\u00e9mies et le r\u00e8glement sanitaire international, et que nous nous retrouvions avec un sac vide qui ne contiendra rien de s\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est aussi un d\u00e9fi parce qu'il y a un risque d'<strong>\u00e9normes transferts de donn\u00e9es et d'informations&nbsp;<\/strong>du Sud vers le Nord au nom d'une meilleure surveillance de la sant\u00e9. Vous nous donnez vos donn\u00e9es parce qu'il s'agit d'une pand\u00e9mie, alors bien s\u00fbr vous, les PMA, ne pouvez pas analyser ces donn\u00e9es. Nous le ferons pour vous. Cette collecte de donn\u00e9es se fait dans le cadre d'une initiative appel\u00e9e \"One Health\" (une seule sant\u00e9). Cela semble merveilleux, mais comme nous le savons, il y a beaucoup de mots ambigus dans le syst\u00e8me\".<\/p>\n\n\n\n<p>Les PMA sont au c\u0153ur de ces d\u00e9fis, et pas seulement \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 r\u00e9ceptrice, mais j'ai essay\u00e9 de montrer comment nous pouvons riposter et remettre en question ce syst\u00e8me. La soci\u00e9t\u00e9 civile est pr\u00eate \u00e0 s'engager aux c\u00f4t\u00e9s des gouvernements pour relever ces d\u00e9fis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 n'est pas adapt\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M. Rattray a r\u00e9pondu que \"nous voyons beaucoup de ce dont vous parlez se produire aux Nations unies, principalement \u00e0 l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, o\u00f9 les 193 pays ont une voix. Ce n'est pas tellement le cas du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 qui, pour reprendre les termes employ\u00e9s par les intervenants, est truqu\u00e9 dans sa construction, avec 15 membres dont cinq sont permanents et disposent d'un droit de veto sur toute r\u00e9solution qui ne leur pla\u00eet pas. Cette construction n'est tout simplement pas adapt\u00e9e \u00e0 l'objectif vis\u00e9. Au sein de l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, nous constatons une sorte de&nbsp;<strong>m\u00e9fiance croissante et m\u00eame de ressentiment entre le Nord et le Sud<\/strong>, les pays du Sud faisant preuve d'un profond ressentiment \u00e0 l'\u00e9gard des pays du Nord. De nombreux pays du Nord s'adressent au secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral pour lui demander pourquoi ils ne re\u00e7oivent pas le soutien qu'ils attendaient de la part des pays du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils disent qu'ils n'obtiennent pas le soutien qu'ils souhaitent pour les r\u00e9solutions qui condamnent l'invasion de l'Ukraine par la F\u00e9d\u00e9ration de Russie, ce qui constitue une violation flagrante des principes de la Charte des Nations unies, des principes de souverainet\u00e9 et d'int\u00e9grit\u00e9 territoriale. Certains de ces pays du Sud s'abstiennent de voter sur ces r\u00e9solutions qui condamnent la Russie, ou votent tout simplement contre.&nbsp; Et bien s\u00fbr, la guerre en Ukraine aspire tout l'oxyg\u00e8ne de l'air et certains pays en d\u00e9veloppement disent, \u00e9coutez, nous sommes dans des situations de conflit depuis des ann\u00e9es. Ils regardent les ressources qui vont en Ukraine et se demandent ce qu'il en est de nous. Les pays d\u00e9velopp\u00e9s se grattent la t\u00eate en se demandant : \"Pourquoi ce pays s'est-il abstenu ? Pourquoi ce pays a-t-il vot\u00e9 contre nous ?&nbsp;<strong>Les graines de ce dont nous parlons ont \u00e9t\u00e9 sem\u00e9es dans cette pand\u00e9mie.<\/strong>&nbsp;On r\u00e9colte ce que l'on a sem\u00e9. La dynamique est actuellement tr\u00e8s tendue entre les \u00c9tats membres. Ce syst\u00e8me d'in\u00e9galit\u00e9, m\u00eame dans un domaine o\u00f9 la vie des gens est en jeu. Une pand\u00e9mie mondiale nous affecte tous et les compagnies pharmaceutiques, Big Pharma, sont autoris\u00e9es \u00e0 agir comme elles l'ont fait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cela a commenc\u00e9 avec l'esclavage et le colonialisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g1590f2c9d3d_0_41\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Million Belay<\/strong><\/a>&nbsp;a cit\u00e9 la \"Redemption Song\" de Bob Marley : \"Emancipez-vous de l'esclavage mental\", et a ajout\u00e9 : \"Cette chanson explique le d\u00e9clin de l'agriculture en Afrique aujourd'hui. En effet, le d\u00e9clin de l'agriculture africaine, du d\u00e9veloppement de l'Afrique, a commenc\u00e9 avec l'esclavage. D\u00e8s l'arriv\u00e9e des premiers navires europ\u00e9ens sur les c\u00f4tes africaines. Il s'est poursuivi pendant le colonialisme et apr\u00e8s l'ind\u00e9pendance, et le r\u00e9sultat est, comme quelqu'un l'a dit plus t\u00f4t, que \"l'Afrique produit ce qu'elle ne consomme pas et consomme ce qu'elle ne produit pas\".<\/p>\n\n\n\n<p>Nous n'avons pas mentionn\u00e9 le nombre croissant de&nbsp;<strong>capitalistes philanthropes<\/strong>. En 2003, \u00e0 Maputo, au Mozambique, les gouvernements africains se sont r\u00e9unis et ont \u00e9labor\u00e9 un programme global de d\u00e9veloppement de l'agriculture africaine, le CADAP. Vers 2006, Bill Gates et la Fondation Rockefeller ont d\u00e9clar\u00e9 : \"Nous voulons soutenir le CADAP\". Ils ont alors cr\u00e9\u00e9 une organisation appel\u00e9e Alliance pour la r\u00e9volution verte en Afrique (AGRA). Bill Gates affirme avoir allou\u00e9 plus de 6 milliards de dollars \u00e0 l'Afrique. Mais si l'on \u00e9value la part de cet argent qui est all\u00e9e \u00e0 l'Afrique, on constate qu'elle est inf\u00e9rieure \u00e0 20 %. Plus de 80 % sont rest\u00e9s en Am\u00e9rique du Nord et en Europe. Mais quelle est l'influence de Bill Gates et de l'AGRA dans le contexte agricole africain ?&nbsp;<strong>Ils ont \u00e9chou\u00e9&nbsp;<\/strong>dans ce qu'ils pr\u00e9tendaient faire, comme am\u00e9liorer les revenus des gens, r\u00e9duire la malnutrition ou augmenter la production alimentaire. En revanche, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 modifier nos lois. Les strat\u00e9gies agricoles de certains pays africains ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es par l'AGRA. Les lois sur les engrais dans certains pays, les lois relatives aux semences, les lois ou r\u00e9glementations sur la bios\u00e9curit\u00e9. Ils ont de l'argent pour changer ces \u00e9l\u00e9ments critiques de notre syst\u00e8me alimentaire, et ils sont devenus une porte pour contr\u00f4ler notre syst\u00e8me alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dette et agriculture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\"Apr\u00e8s le CADAP, ils ont mis au point un autre m\u00e9canisme, la D\u00e9claration de Malabo, qui a identifi\u00e9 sept domaines de travail et a \u00e9chou\u00e9 dans chacun d'entre eux. J'ai particip\u00e9 \u00e0 l'examen biennal. Ils ont dress\u00e9 la carte de l'Afrique et des pays d'Afrique o\u00f9 ces sept programmes ont r\u00e9ussi et o\u00f9 ils ont \u00e9chou\u00e9. Il y a probablement un ou deux pays o\u00f9 ils ont r\u00e9ussi. Les autres ont \u00e9chou\u00e9. Les pays n'ont pas r\u00e9ussi \u00e0 allouer 10 % ou plus de leur PIB \u00e0 l'agriculture. Et ce, \u00e0 cause de la question de la dette. Comment un pays qui consacre 20 ou 30 % de son revenu annuel au service de la dette peut-il allouer 10 % de son PIB \u00e0 l'agriculture ?&nbsp; Il est impossible pour la plupart des pays africains d'investir dans l'agriculture. R\u00e9cemment, la Banque africaine de d\u00e9veloppement a organis\u00e9 une r\u00e9union au S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 laquelle plus de 30 premiers ministres ou pr\u00e9sidents ont particip\u00e9. La Banque a d\u00e9clar\u00e9 qu'elle avait lev\u00e9 50 milliards de dollars et que 40 pays avaient sign\u00e9 un accord. Fondamentalement, cet accord est bas\u00e9 sur l'agriculture industrielle. Pourquoi ces 40 pays se pr\u00e9cipitent-ils vers la BAD pour signer ces contrats ? La question de la dette l'explique dans une certaine mesure. Ils n'ont pas d'argent. La BAD leur fait miroiter 50 milliards de dollars, et quel pays refusera de signer ce contrat ? C'est impossible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le droit \u00e0 l'alimentation au centre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\"Je suis le coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de l'Alliance pour la souverainet\u00e9 alimentaire en Afrique, le plus grand mouvement social d'Afrique, qui travaille dans 50 ou 55 pays et regroupe pr\u00e8s de 200 millions d'Africains. Il s'agit d'organisations d'agriculteurs, de r\u00e9seaux de p\u00eacheurs, de r\u00e9seaux pastoraux, de r\u00e9seaux de peuples indig\u00e8nes, de r\u00e9seaux d'institutions confessionnelles, de r\u00e9seaux de consommateurs, ainsi que de r\u00e9seaux de femmes et de jeunes de la soci\u00e9t\u00e9 civile les plus importants qui sont membres de l'AFSA. L'une de nos propositions cl\u00e9s est l'agro\u00e9cologie, bas\u00e9e sur la recherche que nous avons effectu\u00e9e nous-m\u00eames\".<\/p>\n\n\n\n<p>Belay a conclu que \"l'<strong>agro\u00e9cologie est la voie \u00e0 suivre, parce qu'au centre de l'agro\u00e9cologie se trouve le programme du droit \u00e0 l'alimentation.&nbsp;<\/strong>Tout le monde doit manger. Et l'agro\u00e9cologie est bas\u00e9e sur la diversit\u00e9. La diversit\u00e9 des cultures et la gu\u00e9rison du sol ou de la terre, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la terre. Elle s'int\u00e9resse \u00e0 la nutrition des personnes. Elle est produite sans impact sur l'environnement. Pour cette raison, c'est la meilleure fa\u00e7on de s'adapter \u00e0 la crise \u00e0 laquelle nous sommes confront\u00e9s en raison du changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Notre seul recours \u00e9tait l'ONU\"<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g158edcf9249_0_28\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Kumi Samuel<\/strong><\/a>&nbsp;a d\u00e9clar\u00e9 : \"Je travaille avec DAWN et avec des institutions de d\u00e9fense des droits de l'homme et des droits de la femme depuis la fin des ann\u00e9es 1970, lorsque le Sri Lanka \u00e9tait en conflit. Nous sommes sortis d'une guerre de 30 ans. La plupart d'entre nous se sont concentr\u00e9s sur les droits civils et politiques en raison des disparitions, de la torture et de toute une s\u00e9rie d'actes commis par l'\u00c9tat. Et notre seul recours, pendant la majeure partie de ces 30 ann\u00e9es o\u00f9 nous avons \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 des \u00c9tats autoritaires et \u00e0 la , a \u00e9t\u00e9 l'ONU. Nous nous sommes adress\u00e9s \u00e0 maintes reprises aux organes du trait\u00e9, aux proc\u00e9dures sp\u00e9ciales, et presque tous les rapporteurs sp\u00e9ciaux des Nations unies sont venus dans le pays pour tenter de rendre l'\u00c9tat responsable, pour formuler des recommandations, pour d\u00e9noncer et faire honte \u00e0 certains moments.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a reconnu que \"l'une des principales lacunes de notre approche\" est de ne pas tenir compte de l'<strong>indivisibilit\u00e9 des droits&nbsp;<\/strong>et de n\u00e9gliger les questions relatives aux droits socio-\u00e9conomiques et culturels. \"Cette crise nous a pouss\u00e9s, au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile, \u00e0 entamer un processus d'examen d'autres institutions multilat\u00e9rales, telles que les institutions de Bretton Woods.&nbsp;<strong>Pouvons-nous demander des comptes aux institutions de Bretton Woods ?&nbsp;<\/strong>Il s'agit d'un travail tr\u00e8s important, que le Sri Lanka ne peut peut-\u00eatre pas r\u00e9aliser seul. Nous devons travailler dans tous les secteurs, mais nous devons absolument travailler avec d'autres pays, en particulier en ce qui concerne la dette et l'annulation de la dette. Le FMI nous a promis un plan de sauvetage de 2,1 milliards de dollars, ce qui n'est qu'une bagatelle, mais qui est assorti de nombreuses conditions et mesures d'aust\u00e9rit\u00e9. Avant m\u00eame que nous ayons sign\u00e9 cet accord, de nombreuses subventions sont supprim\u00e9es, les imp\u00f4ts augmentent, mais la richesse n'est pas tax\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\"La soci\u00e9t\u00e9 civile n'a gu\u00e8re de place dans les n\u00e9gociations avec le FMI, qui sont tr\u00e8s confidentielles. Mais les racines de la crise \u00e9conomique sont la corruption des r\u00e9gimes successifs apr\u00e8s l'ind\u00e9pendance, puis la lib\u00e9ralisation \u00e9conomique \u00e0 partir de 1977. Nous sommes devenus l'affiche de la communaut\u00e9 internationale, ce qui nous a permis d'avoir un acc\u00e8s pratiquement illimit\u00e9 \u00e0 la dette. Puis, lorsque nous sommes pass\u00e9s au statut de pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire, nous n'avons pas modifi\u00e9 notre politique budg\u00e9taire, mais nous avons commenc\u00e9 \u00e0 emprunter aupr\u00e8s de sources priv\u00e9es. Cette dette est aujourd'hui bien plus importante que celle que nous avons contract\u00e9e aupr\u00e8s d'autres \u00c9tats, et le ratio du service de la dette repr\u00e9sente aujourd'hui presque le double des recettes d'exportation. Les r\u00e9serves de change ont chut\u00e9 et il n'est plus possible d'importer des biens, des services et des m\u00e9dicaments de base. Cette grave crise \u00e9conomique a propuls\u00e9 la classe moyenne et de nombreux jeunes dans la rue pour la premi\u00e8re fois. Le nouveau gouvernement dispose d'une l\u00e9gitimit\u00e9 constitutionnelle mais manque de l\u00e9gitimit\u00e9 morale. Le soul\u00e8vement est \u00e9cras\u00e9 et les n\u00e9gociations avec le FMI se poursuivent alors que nous avons besoin d'\u00e9lections\".<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Le FMI ne r\u00e9pond pas aux pr\u00e9occupations en mati\u00e8re de droits de l'homme\".<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\"L'opposition se concentre enti\u00e8rement sur les \u00e9lections, qui viennent d'\u00eatre report\u00e9es, et les groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile se concentrent en fait sur la crise \u00e9conomique et les n\u00e9gociations avec le FMI et se demandent comment influencer au mieux ce processus. Nous disons que ce n'est pas le moment de supprimer les subventions, que les prestations sociales doivent \u00eatre maintenues et que les n\u00e9gociations avec le FMI doivent s'inscrire dans le cadre des droits de l'homme. Nous avons eu une r\u00e9union avec le FMI. Il ne r\u00e9pond pas aux pr\u00e9occupations en mati\u00e8re de droits de l'homme, mais l'une des choses auxquelles il a r\u00e9pondu est la question de la corruption, y compris au Parlement et dans les soi-disant instituts ind\u00e9pendants. Nombre d'entre eux, la commission des droits de l'homme, la commission de police, la commission \u00e9lectorale, ne sont plus ind\u00e9pendants, ils ont \u00e9t\u00e9 politis\u00e9s par les \u00e9lites politiques. Dans ce contexte, certaines personnes ne veulent absolument pas s'engager avec le FMI, en disant \"nous devons nous engager, mais nous voulons que l'\u00c9tat soit responsable de ce qu'il fait, donc nous utilisons les organes de trait\u00e9s et les proc\u00e9dures sp\u00e9ciales, parce que pour nous, cela semble \u00eatre le seul moyen de tirer parti de certaines protections des droits\". Mais il s'agit l\u00e0 de mesures \u00e0 long terme, alors que la n\u00e9cessit\u00e9 imm\u00e9diate est la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. De nombreux groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui n'avaient pas pens\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire auparavant cherchent maintenant des moyens novateurs de garantir la nourriture, en pensant \u00e0 la production alimentaire communautaire, aux cuisines alimentaires, etc. pour essayer de r\u00e9pondre aux besoins imm\u00e9diats tout en essayant de n\u00e9gocier avec les multilat\u00e9raux des solutions \u00e0 plus long terme. Ce qui se passe au Sri Lanka pourrait \u00eatre une exp\u00e9rience utile pour les PMA, puisque nous sommes retomb\u00e9s pratiquement au statut de PMA.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Les accords commerciaux n'ont rien \u00e0 voir avec le commerce<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g1590f2c9d3d_0_3\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Deborah James<\/strong><\/a>&nbsp;a expliqu\u00e9 que Notre monde n'est pas \u00e0 vendre est un r\u00e9seau mondial de la soci\u00e9t\u00e9 civile du Nord et du Sud qui travaille sur le commerce et le d\u00e9veloppement et s'oppose \u00e0 l'expansion de l'OMC. Elle a d\u00e9clar\u00e9 que \"si vous comprenez le vol des ressources, l'exploitation de la main-d'\u0153uvre et la cr\u00e9ation de relations pr\u00e9f\u00e9rentielles au profit des grandes puissances, vous comprenez tr\u00e8s bien la politique commerciale\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Le commerce, bien s\u00fbr, peut \u00eatre une source d'\u00e9changes \u00e9quitables et de d\u00e9veloppement, mais nos r\u00e8gles commerciales actuelles ne sont pas l\u00e0. La plupart des pays d\u00e9velopp\u00e9s n'ont pas suivi les prescriptions en mati\u00e8re de politique commerciale qu'ils exigent aujourd'hui dans des institutions telles que l'OMC. Au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, ce sont les pays en d\u00e9veloppement qui ont \u00e9t\u00e9 les plus int\u00e9gr\u00e9s au Nord mondial, comme par exemple l'Am\u00e9rique centrale qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9gr\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, qui se sont tr\u00e8s peu d\u00e9velopp\u00e9s, alors que les pays en d\u00e9veloppement qui ont le mieux r\u00e9ussi \u00e0 utiliser le commerce pour leur propre d\u00e9veloppement ont \u00e9t\u00e9 plus int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la Chine, malgr\u00e9 tous les probl\u00e8mes que cela pose.<\/p>\n\n\n\n<p>\"La plupart des accords commerciaux visent en fait \u00e0 donner aux soci\u00e9t\u00e9s transnationales du Nord global le droit d'op\u00e9rer dans vos pays et d'en tirer des b\u00e9n\u00e9fices. Les r\u00e8gles visent \u00e0 emp\u00eacher votre \u00c9tat d'utiliser le commerce pour son propre d\u00e9veloppement, en recourant par exemple \u00e0 une politique industrielle ou \u00e0 une politique de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Elles pr\u00e9voient \u00e9galement des protections maximales pour les d\u00e9tenteurs de brevets. Or, les brevets renforcent le monopole, augmentent les prix et r\u00e9duisent la concurrence, ce qui va \u00e0 l'encontre de ce que le libre-\u00e9change est cens\u00e9 faire. Mais si vous essayez d'utiliser la m\u00eame id\u00e9e de protection pour votre industrie nationale, c'est comme si le ciel allait vous tomber sur la t\u00eate. Si vous exigez que votre pays b\u00e9n\u00e9ficie de la pr\u00e9sence d'une soci\u00e9t\u00e9 transnationale dans votre pays, c'est comme un p\u00e9ch\u00e9 capital\".<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Ils n'ont qu'\u00e0 gagner une fois\"<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\"L'autre probl\u00e8me des accords commerciaux, bien s\u00fbr, c'est qu'il s'agit de trait\u00e9s contraignants. Vous pouvez donc vous d\u00e9barrasser de votre gouvernement, mais une fois que celui-ci a sign\u00e9 un accord commercial, il est tr\u00e8s difficile de s'en d\u00e9faire. Ainsi, lorsque vous entendez que le multilat\u00e9ralisme est en crise au sein de l'OMC, la v\u00e9ritable crise est que le syst\u00e8me actuel de l'OMC et tous les accords bilat\u00e9raux et r\u00e9gionaux interd\u00e9pendants en mati\u00e8re de commerce et d'investissement n'ont pas servi la majorit\u00e9 des travailleurs, des agriculteurs, ni l'environnement, alors qu'ils ont servi les int\u00e9r\u00eats du capital mondial, de la grande agriculture, de la grande finance, de la grande industrie et de la grande industrie pharmaceutique. Lorsque vous entendez dire que le multilat\u00e9ralisme est en crise parce que l'OMC n'a pas adopt\u00e9 de nouvelles r\u00e8gles, ce sont ces grandes industries qui se plaignent de ne pas avoir \u00e9largi le champ d'action de l'OMC. Elles n'ont pas \u00e9t\u00e9 en mesure d'engranger encore plus de b\u00e9n\u00e9fices, car les pays en d\u00e9veloppement savaient d\u00e8s la cr\u00e9ation de l'OMC qu'il s'agissait en fait d'une mauvaise affaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \"ce sont les \u00c9tats-Unis et l'Europe qui ont \u00e9tabli les r\u00e8gles et qui ont maintenu une grande partie de leurs \u00e9conomies en dehors de l'OMC et, depuis lors, les grandes industries ont essay\u00e9 de vous int\u00e9grer de plus en plus dans l'\u00e9conomie mondiale, ce qu'elles font maintenant principalement par le biais d'accords bilat\u00e9raux\". Sur les 46 PMA, 35 sont membres de l'OMC. Huit autres PMA sont en train de n\u00e9gocier leur adh\u00e9sion \u00e0 l'OMC\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Ces accords d'adh\u00e9sion sont tr\u00e8s d\u00e9vastateurs. TWN, par exemple, et d'autres organisations s'efforcent d'aider les PMA dans leur processus d'adh\u00e9sion. Neuf PMA ne sont pas membres de l'OMC. Il existe un groupe des PMA au sein de l'OMC et les PMA sont \u00e9galement membres du groupe Afrique et des groupes Afrique, Cara\u00efbes et Pacifique. Ce sont des groupes puissants. Malheureusement, ils subissent parfois l'influence de consultants pay\u00e9s par les agences d'aide du Nord. D\u00e8s la cr\u00e9ation de l'OMC, les&nbsp;<strong>pays en d\u00e9veloppement savaient qu'elle \u00e9tait mauvaise<\/strong>, et ils ont dit qu'ils avaient besoin d'une certaine flexibilit\u00e9 par rapport \u00e0 ces mauvaises r\u00e8gles, ou d'un \"traitement sp\u00e9cial et diff\u00e9renci\u00e9\". Les pays en d\u00e9veloppement ont fait proposition sur proposition pour plus de flexibilit\u00e9, mais les pays d\u00e9velopp\u00e9s n'ont accept\u00e9 aucune proposition des pays en d\u00e9veloppement pour satisfaire leurs aspirations en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement\".<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, elle a d\u00e9clar\u00e9 qu'alors que le \"cycle de Doha\" stagne, \"les pays d\u00e9velopp\u00e9s mettent sur la table un programme de r\u00e9forme de l'OMC. Ils veulent que chaque pays n\u00e9gocie de son c\u00f4t\u00e9 s'il veut de la flexibilit\u00e9. Nous savons tous que nous pouvons n\u00e9gocier collectivement, mais individuellement, nous supplions. Les PMA ont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 une proposition sp\u00e9cifique visant \u00e0 prolonger la flexibilit\u00e9 pendant 12 ans au-del\u00e0 de la date de remise des dipl\u00f4mes. Cette proposition s'est heurt\u00e9e \u00e0 une r\u00e9sistance farouche au sein de l'OMC. Les PMA ont mis cette proposition sur la table pour le programme de Doha pour l'aide au d\u00e9veloppement, et elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. La s\u00e9curit\u00e9 alimentaire fait l'objet d'une proposition importante visant \u00e0 permettre aux pays en d\u00e9veloppement de financer leur propre s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, d'utiliser les ressources de l'\u00c9tat pour acheter des denr\u00e9es alimentaires aux agriculteurs pauvres et les distribuer aux populations pauvres. L'OMC s'y est oppos\u00e9e, donc si vous n'aviez pas de programme de ce type en 2013, vous n'\u00eates pas autoris\u00e9 \u00e0 mettre en place ce programme national de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les grandes entreprises technologiques s'int\u00e9ressent \u00e0 vos donn\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\"Il y a 25 ans, lorsque l'OMC a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, les grandes entreprises technologiques n'avaient pas d'accord. Aujourd'hui, ce sont les industries les plus puissantes du monde et elles veulent mettre la main sur tous les profits qui peuvent \u00eatre tir\u00e9s de vos donn\u00e9es et de la num\u00e9risation. Elles veulent menotter vos gouvernements pour qu'ils ne puissent pas utiliser la num\u00e9risation \u00e0 des fins d'industrialisation num\u00e9rique nationale. Une r\u00e9union minist\u00e9rielle est pr\u00e9vue en f\u00e9vrier 2024, et ils vont essayer d'obtenir un moratoire pour vous interdire de taxer le commerce num\u00e9rique. Mais si les PMA avaient acc\u00e8s \u00e0 cet argent, chacun de vos pays aurait pu acheter deux vaccins pour chaque personne pendant la pand\u00e9mie. C'est dire combien d'argent les PMA en d\u00e9veloppement perdent parce qu'ils ne peuvent pas taxer Netflix et Apple Music, alors que vos propres MPME doivent \u00eatre comp\u00e9titives. Notre r\u00e9seau appr\u00e9cierait une plus grande participation des PMA et des pays en d\u00e9veloppement. Ils vous diront que vous obtiendrez plus de concessions si vous ne gardez pas les pays en d\u00e9veloppement dans la salle. Mais ce que nous avons vu en 25 ans d'existence de l'OMC, c'est que les pays en d\u00e9veloppement et les PMA n'obtiendront rien si tous leurs alli\u00e9s ne sont pas unis, et c'est ce que nous devons voir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pauvret\u00e9 est politique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g20e6c0f8e43_2_110\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Asad Rehman<\/strong><\/a>&nbsp;a d\u00e9clar\u00e9 que War on Want-UK \"travaille directement avec les mouvements sociaux, les communaut\u00e9s de premi\u00e8re ligne qui r\u00e9sistent \u00e0 l'extractivisme et luttent pour les droits alimentaires et les droits des travailleurs, en renfor\u00e7ant le pouvoir dans le Nord global pour contester les moteurs du commerce, de la fiscalit\u00e9, de la dette, de l'agenda des entreprises et, bien s\u00fbr, de la politique gouvernementale. Notre nom vient d'un dicton anglais qui dit que la seule guerre qui vaille la peine d'\u00eatre men\u00e9e est la guerre contre le besoin. Il est frappant de constater que notre premier rapport, il y a plus de 70 ans, \u00e9tait un plan de d\u00e9veloppement mondial qui demandait la fin du colonialisme, des services publics universels, des salaires d\u00e9cents, des droits \u00e9conomiques et sociaux, la r\u00e9orientation de 4 % du PIB du Nord vers le Sud et la fin des d\u00e9penses militaires. Nous avons toujours dit que la pauvret\u00e9 est politique et que ce dont nous avons besoin, c'est de justice, pas de charit\u00e9. La condition pr\u00e9alable est la n\u00e9cessit\u00e9 de reconstruire l'internationalisme, enracin\u00e9 dans la solidarit\u00e9 et la coop\u00e9ration, et l'un des endroits les plus importants o\u00f9 cela doit se produire est le Nord global. \"<\/p>\n\n\n\n<p>Un rapport de War on Want a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que \"les entreprises de la City de Londres poss\u00e8dent des richesses min\u00e9rales de l'Afrique d'une valeur de 1 000 milliards de dollars am\u00e9ricains, soit plus que le PIB total de tous les pays subsahariens\". Chaque discussion, qu'il s'agisse du climat ou du colonialisme du carbone, de l'oubli de la responsabilit\u00e9 historique, de l'id\u00e9e de sacrifier le Sud pour les int\u00e9r\u00eats du Nord, d\u00e9termine toujours les politiques publiques. Les Am\u00e9ricains avaient l'habitude de dire que tout est \u00e0 n\u00e9gocier, sauf le mode de vie des Am\u00e9ricains. Mais aujourd'hui, nous savons que la consommation des pays du Nord n'est pas durable. Il est donc essentiel que les mouvements du Nord adoptent ce programme, un programme de transformation qui stipule que chacun doit faire sa part pour r\u00e9pondre \u00e0 l'imp\u00e9ratif climatique et faire de l'alimentation et de l'\u00e9nergie un droit fondamental pour tous, \u00e9quitablement partag\u00e9. Cela signifie qu'il faut s'attaquer aux in\u00e9galit\u00e9s, offrir des salaires d\u00e9cents, ne pas parler d'extr\u00eame pauvret\u00e9, mais dire que si nous avons besoin de 10 \u00e0 15 dollars par jour dans le Sud pour pouvoir vivre dans la dignit\u00e9, nous devons le faire :&nbsp;<strong>services publics universels et protection sociale<\/strong>. Nous devons \u00e9galement parler des&nbsp;<strong>limites plan\u00e9taires de l'utilisation mat\u00e9rielle&nbsp;<\/strong>des sites mondiaux et mettre fin \u00e0 ces syst\u00e8mes injustes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Le d\u00e9veloppement est un droit de l'homme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/en\/ohchr_homepage\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Diego Valladares<\/a>&nbsp;a ajout\u00e9 : \"Le&nbsp;<strong>d\u00e9veloppement est un droit de l'homme et une contribution essentielle \u00e0 la jouissance des droits de l'homme, et les m\u00e9canismes des Nations unies relatifs aux droits de l'homme peuvent jouer un r\u00f4le cl\u00e9 dans l'avancement de nombreuses luttes<\/strong>. La&nbsp;<strong>d\u00e9claration de 1986 sur le droit au d\u00e9veloppement&nbsp;<\/strong>stipule que toute personne humaine et tout peuple ont le droit de participer, de contribuer et de b\u00e9n\u00e9ficier d'une r\u00e9partition \u00e9quitable des avantages du d\u00e9veloppement. Le d\u00e9veloppement n'est pas seulement \u00e9conomique, mais aussi culturel, politique, social et \u00e9conomique, ce qui signifie que le d\u00e9veloppement est bas\u00e9 sur une participation active, libre et significative. Il s'agit de la d\u00e9claration de 1986, et les \u00c9tats membres sont actuellement en train de&nbsp;<strong>n\u00e9gocier un trait\u00e9 afin de pr\u00e9ciser la mani\u00e8re dont ce droit peut \u00eatre mis en \u0153uvre<\/strong>. Un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/en\/calls-for-input\/2023\/call-comments-and-textual-suggestions-second-revised-text-draft-convention\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">appel \u00e0 contributions \u00e9crites<\/a>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 jusqu'au 12 mai, date \u00e0 laquelle le&nbsp;<strong>groupe de travail intergouvernemental sur le droit au d\u00e9veloppement&nbsp;<\/strong>se r\u00e9unira, puis du 15 au 20 mai pour discuter de cet instrument juridiquement contraignant sur le droit au d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de la r\u00e9solution 4711 du Conseil des droits de l'homme, des s\u00e9minaires ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s \u00e0 Gen\u00e8ve, Nairobi, Beyrouth, San Jose et Bangkok sur la contribution du d\u00e9veloppement \u00e0 la jouissance des droits de l'homme. Les th\u00e8mes abord\u00e9s comprenaient l'APD, les migrations, etc., et les principales recommandations seront soumises au Conseil des droits de l'homme en septembre. Le Comit\u00e9 des droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels lancera bient\u00f4t un appel \u00e0 contributions et \u00e0 commentaires pour une observation g\u00e9n\u00e9rale sur les ODD et les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels. C'est un moment tr\u00e8s strat\u00e9gique pour s'engager, car ces commentaires g\u00e9n\u00e9raux solidifient l'interpr\u00e9tation de ce comit\u00e9 et la mani\u00e8re dont il s'engage avec les \u00c9tats.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le devoir de coop\u00e9ration<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;<strong>projet de convention sur le droit au d\u00e9veloppement mentionne le devoir de respecter, de prot\u00e9ger et de mettre en \u0153uvre le droit au d\u00e9veloppement,&nbsp;<\/strong>comme la plupart des autres droits de l'homme, mais aussi de coop\u00e9rer. M\u00eame si un \u00c9tat membre ne ratifie pas une future convention sur le droit au d\u00e9veloppement, le devoir de coop\u00e9rer sera analys\u00e9 sous diff\u00e9rentes perspectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Le syst\u00e8me des droits de l'homme permet d'aborder les devoirs de nos \u00e9lites internes et les&nbsp;<strong>obligations extraterritoriales&nbsp;<\/strong>des pays qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \"partenaires\" donateurs et des soci\u00e9t\u00e9s transnationales. Il s'agit l\u00e0 de moyens tr\u00e8s strat\u00e9giques pour s'engager strat\u00e9giquement avec le syst\u00e8me des Nations unies dans une ar\u00e8ne qui pourrait offrir quelques victoires\", a conclu M. Valladares.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa br\u00e8ve&nbsp;<strong>allocution de cl\u00f4ture<\/strong>, l'ambassadeur Rattray a \u00e9num\u00e9r\u00e9 les points soulev\u00e9s : \"Le commerce international en tant qu'outil de d\u00e9veloppement, la viabilit\u00e9 de la dette et l'impact des conditions d'emprunt sur la stabilit\u00e9 sociale et politique. Il a \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former les institutions multilat\u00e9rales, la s\u00e9curit\u00e9 et la souverainet\u00e9 alimentaires, le r\u00f4le du syst\u00e8me financier comme moyen de mettre en \u0153uvre les engagements en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement, la pand\u00e9mie comme mod\u00e8le d'in\u00e9galit\u00e9 et les perspectives d'utilisation des accords commerciaux multilat\u00e9raux pour garantir des avantages aux pays en d\u00e9veloppement, ainsi que le lien entre d\u00e9veloppement et droits de l'homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Table ronde :&nbsp;<strong>L'\u00e9quit\u00e9 dans le multilat\u00e9ralisme :&nbsp;<\/strong>Paix, d\u00e9veloppement durable et droits de l'homme<br>Doha, 5 mars 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mod\u00e9rateur :<\/strong>&nbsp;Courtenay Rattray (Chef de Cabinet du Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Intervenants :<\/strong>&nbsp;Meena Raman (Amis de la Terre, Malaisie), Gita Sen (DAWN, Inde), Million Belay (Alliance africaine pour la souverainet\u00e9 alimentaire, \u00c9thiopie), Kumi Samuel (DAWN, Sri Lanka), Deborah James (OWINFS), Asad Rehman (War on Want\/UK), Diego Valladares (OHCHR)<\/p>\n\n\n\n<p>Lire plus PMA5 : Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile (Doha, Qatar, du 4 au 9 Mars 2023)&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18699\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ici<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Note :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18705#_ednref*\">*<\/a>&nbsp;Ce r\u00e9sum\u00e9 est bas\u00e9 sur des notes et des enregistrements. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 dans un souci de clart\u00e9 et de concision ; des sous-titres ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s pour mettre l'accent sur certains points et apporter des clarifications. Karen Judd a contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction finale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"471\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1091\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png 600w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6-300x236.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Meena Raman (Friends of the Earth, Malaysia), Ambassador Courtenay Rattray, Gita Sen (DAWN, India)<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La soci\u00e9t\u00e9 civile a d\u00e9battu avec l'ambassadeur Courtenay Rattray, chef de cabinet du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies, de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former les institutions multilat\u00e9rales, de la s\u00e9curit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 alimentaires, du r\u00f4le du syst\u00e8me financier, de la pand\u00e9mie, du commerce et du lien entre le d\u00e9veloppement et les droits de l'homme. 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