{"id":1108,"date":"2023-06-09T17:48:00","date_gmt":"2023-06-09T17:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialwatch.org\/2023\/06\/global-paradoxes-a-trap-for-developing-countries\/"},"modified":"2025-11-06T17:52:40","modified_gmt":"2025-11-06T17:52:40","slug":"global-paradoxes-a-trap-for-developing-countries","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/2023\/06\/global-paradoxes-a-trap-for-developing-countries\/","title":{"rendered":"Les paradoxes mondiaux, un pi\u00e8ge pour les pays en d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"546\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1104\" style=\"width:202px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png 600w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7-300x273.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Les finances, l'\u00e9nergie et l'alimentation des pays en d\u00e9veloppement sont prisonni\u00e8res de paradoxes qui entravent leur d\u00e9veloppement durable, a conclu la premi\u00e8re pl\u00e9ni\u00e8re* du&nbsp;<a href=\"https:\/\/sites.google.com\/gpolicywatch.org\/ldc5-csf\/report\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/a>&nbsp;\u00e0 Doha, en mars 2023, dans le cadre du&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.un.org\/ohrlls\/content\/fifth-united-nations-conference-least-developed-countries-ldc5\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">cinqui\u00e8me sommet des Nations unies sur les pays les moins avanc\u00e9s<\/a>&nbsp;(PMA5).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Roberto Bissio<sup><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18704#_edn*\">*<\/a><\/sup><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\"Les crises du COVID, de la guerre en Ukraine, du surendettement, de la faillite des Tr\u00e9sors publics, nous indiquent de mani\u00e8re tr\u00e8s douloureuse que nous n'avons pas construit de r\u00e9silience. Il y a des causes profondes \u00e0 ces crises, alors ne nous laissons pas distraire par elles. Sinon, si nous commen\u00e7ons \u00e0 nous concentrer sur les crises et leur impact, nous risquons d'\u00eatre pouss\u00e9s vers des solutions \u00e0 court terme\", a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.un.org\/sg\/en\/content\/profiles\/cristina-isabel-lopes-da-silva-monteiro-duarte\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Cristina Isabel Lopes da Silva Monteiro Duarte<\/strong><\/a>, envoy\u00e9e sp\u00e9ciale des Nations unies pour l'Afrique, dans son message cl\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile. Les multiples crises mondiales ne doivent pas \u00eatre tenues pour responsables de tous les impacts n\u00e9gatifs dont souffrent les PMA, dont la majorit\u00e9 se trouve en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Duarte a identifi\u00e9 trois paradoxes : le paradoxe financier, le paradoxe \u00e9nerg\u00e9tique et le paradoxe alimentaire. \"Le&nbsp;<strong>paradoxe financier<\/strong>&nbsp;est \u00e9vident. L'Afrique est riche en ressources financi\u00e8res, mais elle r\u00e9clame l'all\u00e8gement et la suspension de sa dette. Le deuxi\u00e8me paradoxe est celui de l'\u00e9nergie. L'Afrique dispose de toutes les sources d'\u00e9nergie imaginables, mais le continent est dans l'obscurit\u00e9. Le troisi\u00e8me est celui des syst\u00e8mes alimentaires. Nous sommes riches en ressources agricoles, en terres et m\u00eame en march\u00e9s. La classe moyenne est en pleine expansion. Mais nous connaissons l'ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire depuis une cinquantaine d'ann\u00e9es\".<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a ajout\u00e9 : \"Je ne parle pas de richesse en ressources naturelles, car tout le monde le sait, mais de ressources financi\u00e8res. L'Afrique perd chaque ann\u00e9e 8 milliards de dollars en flux financiers illicites, 70 milliards de dollars en d\u00e9penses publiques inefficaces, 46 milliards de dollars en exon\u00e9rations fiscales, et nous avons 1,3 trillion de dollars en fonds de pension en dehors de l'Afrique. En outre, la crise de la dette absorbe d'\u00e9normes quantit\u00e9s de ressources en dehors de l'Afrique. Le co\u00fbt des emprunts en Afrique monte en fl\u00e8che. Les rendements sur les march\u00e9s secondaires ont augment\u00e9 de 600 points de base, voire de 1 800 points de base dans certains cas. L'Afrique a un encours de 140 milliards de dollars en euro-obligations \u00e0 10 ans. Si l'on ajoute 6 % de taux d'int\u00e9r\u00eat suppl\u00e9mentaires, l'impact est de 8,4 milliards de dollars par an et, sur la dur\u00e9e de vie de l'obligation, de 84 milliards de dollars. C'est incroyable.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle poursuit : \"Ce paradoxe indique que l'Afrique ne contr\u00f4le pas sa croissance \u00e9conomique. L'Afrique ne contr\u00f4le pas ses flux financiers. Bien entendu, lorsque vous ne contr\u00f4lez pas vos flux \u00e9conomiques et financiers, tout choc ext\u00e9rieur vous pousse \u00e0 rechercher des liquidit\u00e9s, et vous \u00eates confront\u00e9 \u00e0 une crise de liquidit\u00e9\".<\/p>\n\n\n\n<p>M. Duarte appelle \u00e0 un changement d'\u00e9tat d'esprit, \"car nous devons passer de la gestion de la pauvret\u00e9 \u00e0 la gestion du d\u00e9veloppement. Il s'agit d'animaux diff\u00e9rents.&nbsp; Du point de vue des d\u00e9cideurs politiques, la conception des politiques publiques est compl\u00e8tement diff\u00e9rente si l'on commence \u00e0 g\u00e9rer le d\u00e9veloppement et non la pauvret\u00e9\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Pour parvenir \u00e0 un d\u00e9veloppement durable en Afrique\", a-t-elle ajout\u00e9, \"nous devons tout d'abord nous attaquer au financement durable. Le financement durable&nbsp;<strong>est une condition pr\u00e9alable au d\u00e9veloppement durable,&nbsp;<\/strong>et la seule fa\u00e7on de l'aborder est de comprendre que le d\u00e9veloppement durable n'est possible que s'il existe un financement durable d'origine interne. Si nous voulons aborder cette question lorsque nous discutons, concevons et finan\u00e7ons le d\u00e9veloppement en Afrique, nous devons mettre la mobilisation des ressources nationales au centre de nos pr\u00e9occupations. \u00c0 cet effet, elle a recommand\u00e9 la mise en place d'un syst\u00e8me dans lequel \"les pays contr\u00f4lent mieux leurs budgets, s'attaquent aux 70 milliards de dollars de d\u00e9penses publiques inefficaces et mettent en place des syst\u00e8mes nationaux solides pour r\u00e9duire les 880 milliards de dollars de flux financiers illicites\". Le syst\u00e8me de mobilisation des ressources nationales (MRN) ne concerne pas seulement les recettes fiscales, mais aussi la lutte contre les flux financiers illicites.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le&nbsp;<strong>deuxi\u00e8me paradoxe, celui de l'\u00e9nergie,&nbsp;<\/strong>M. Duarte a rappel\u00e9 que si l'Afrique abrite 17 % de la population mondiale, elle ne repr\u00e9sente que 3,3 % de la consommation mondiale d'\u00e9nergie primaire. Le continent ne repr\u00e9sente que 3,3 % de la consommation mondiale d'\u00e9nergie primaire, 1,1 % de la production d'\u00e9lectricit\u00e9 et 3 % de la consommation mondiale d'\u00e9nergie dans l'industrie.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Nous sommes en effet un continent noir\", a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, mais \"nous n'avons pas l'intention de continuer \u00e0 \u00eatre un continent noir. Il doit y avoir une certaine \u00e9quit\u00e9. Alors que le monde se lance dans un r\u00e9cit global sur la r\u00e9duction des \u00e9missions de carbone et la transition \u00e9nerg\u00e9tique, elle a averti que \"600 millions de personnes sont priv\u00e9es d'\u00e9nergie et que l'Afrique doit cr\u00e9er 80 millions d'emplois par an\". L'Afrique ne contribue qu'\u00e0 hauteur de 3,8 % aux \u00e9missions mondiales de CO2, ce qui signifie que \"nous ne pouvons pas relever le d\u00e9fi de la transition, car nous y sommes d\u00e9j\u00e0. Nous devons plut\u00f4t nous pencher sur la question de l'acc\u00e8s \u00e0 l'\u00e9nergie\".<\/p>\n\n\n\n<p>La population africaine cro\u00eet \u00e0 un rythme de 2,5 % par an, soit 35 millions d'Africains suppl\u00e9mentaires par an, ce qui signifie que \"l'acc\u00e8s \u00e0 l'\u00e9nergie est notre d\u00e9fi num\u00e9ro un\". Comment relever ce d\u00e9fi ? Tout d'abord, tous les chefs d'\u00c9tat et les d\u00e9cideurs politiques doivent reconna\u00eetre qu'il existe une responsabilit\u00e9 mutuelle dans la construction d'un monde vert, ce qui signifie que nous avons tous la m\u00eame destination, un monde vert, mais que les points de d\u00e9part sont diff\u00e9rents. Le point de d\u00e9part de l'Afrique, du point de vue de l'\u00e9nergie et du climat, est diff\u00e9rent de celui des pays d\u00e9velopp\u00e9s. Si vous avez des points de d\u00e9part diff\u00e9rents, tout en reconnaissant la m\u00eame destination, nous ne pouvons pas emprunter le m\u00eame chemin. Chaque pays africain a donc le droit d'entreprendre sa propre planification \u00e9nerg\u00e9tique, de d\u00e9finir son propre bouquet \u00e9nerg\u00e9tique et d'aborder la question de l'acc\u00e8s \u00e0 l'\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/unctad.org\/about\/organization\/division-africa-least-developed-countries-and-special-programmes\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Paul Akiwumi<\/strong><\/a><strong>, a&nbsp;<\/strong>soulign\u00e9 que \"les pays les moins avanc\u00e9s ne peuvent pas continuer \u00e0 s'appuyer sur un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement ax\u00e9 sur les produits de base, dans lequel ils fournissent les ressources \u00e0 d'autres pour qu'ils y ajoutent de la valeur et les leur revendent ensuite\". Il a observ\u00e9 que \"la crise a consid\u00e9rablement retard\u00e9 les PMA dans les domaines de la sant\u00e9, de l'\u00e9ducation et du commerce. Cela a eu un impact sur leur capacit\u00e9 \u00e0 disposer d'une marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire, \u00e0 concevoir de nouvelles politiques et \u00e0 faire face aux probl\u00e8mes. La mobilisation des ressources int\u00e9rieures est tr\u00e8s importante pour les PMA, mais pour mobiliser des ressources afin que les gouvernements puissent taxer et avoir une base fiscale, ils doivent \u00e9largir leur base fiscale. Et leur capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser des ressources est tr\u00e8s limit\u00e9e\".<\/p>\n\n\n\n<p>Il a cit\u00e9 en exemple les fonds de pension africains. \"L'Afrique dispose d'un grand nombre de fonds de pension et d'argent pour les retraites. Mais o\u00f9 ces fonds de pension sont-ils investis ? Moins de 5 % sont investis en Afrique. Le reste se trouve en Europe et aux \u00c9tats-Unis. Nos recherches nous ont permis de constater que les politiques gouvernementales n'autorisent pas les fonds de pension \u00e0 investir dans les choses dont les PMA ont besoin aujourd'hui. Nous devons reconna\u00eetre que les IDE qui arrivent dans les PMA aujourd'hui sont principalement dans les secteurs extractifs et ce sont les secteurs, les produits de base dont les autres pays ont besoin. Il est donc tr\u00e8s difficile d'investir dans les secteurs dont le pays a besoin pour construire son \u00e9conomie. Cela dit, si l'on parle de l'APD et des flux financiers illicites qui quittent le continent africain, il faut aussi reconna\u00eetre qu'aucun pays au monde ne s'est d\u00e9velopp\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l'APD.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, \"pour renforcer leur capacit\u00e9 \u00e0 produire des biens et des services, maintenant que nous disposons de l'accord de libre-\u00e9change continental africain, il est essentiel qu'ils commercent entre eux\".<\/p>\n\n\n\n<p>M. Akiwumi a not\u00e9 que le prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, du cuivre en particulier, a augment\u00e9, mais \"nous n'en profitons pas, parce que les accords que l'Afrique a sign\u00e9s avec toutes ces industries extractives maintiennent le prix stable sur une p\u00e9riode de 20 ou 30 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>La cat\u00e9gorie des PMA existe depuis 50 ans et seuls six PMA ont obtenu leur dipl\u00f4me. \"Pourquoi en est-il ainsi ? a-t-il demand\u00e9. \"La CNUCED examine les mesures de soutien international qui existent pour les PMA, comme l'acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel aux march\u00e9s et au commerce, et nous pensons qu'il doit y avoir une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de ces mesures de soutien, parce que l'ancienne g\u00e9n\u00e9ration, qui accorde aux PMA l'acc\u00e8s aux march\u00e9s europ\u00e9ens, n'a pas vraiment servi les int\u00e9r\u00eats des PMA. Lorsque vous vous rendez dans leurs zones \u00e9conomiques, vous constatez que toutes les entreprises \u00e9trang\u00e8res y sont install\u00e9es et qu'elles utilisent cet acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel au march\u00e9, mais qu'il n'y a pas de liens en amont dans l'\u00e9conomie. Il n'y a pas non plus de liens en amont. Il n'y a que le salaire minimum pour les habitants de ces pays, et ils peuvent partir demain sans m\u00eame emporter leur \u00e9quipement, laissant derri\u00e8re eux des dizaines de milliers de personnes sans emploi et sans ressources\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"La perspective commerciale est donc essentielle, mais le commerce doit impliquer la production de biens et de services. Il ne sert \u00e0 rien de commercer si l'on n'a rien \u00e0 \u00e9changer.&nbsp; Pour que ce commerce ait de la valeur, il faut renforcer les capacit\u00e9s de production, afin de pouvoir produire des biens et des services \u00e0 \u00e9changer\".<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/afripoli.org\/profile\/cheikh-tidiane-dieye\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Cheikh Tidiane Dieye<\/strong><\/a>&nbsp;a ajout\u00e9 : \"L'ACFTA, la zone de libre-\u00e9change continentale africaine, est un accord tr\u00e8s important, qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9 et conclu \u00e0 tr\u00e8s court terme, gr\u00e2ce \u00e0 la volont\u00e9 politique de l'Afrique. La cr\u00e9ation d'un&nbsp;<strong>march\u00e9 africain pour les entreprises africaines&nbsp;<\/strong>est consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re \u00e9tape de l'industrialisation par le commerce. L'Afrique a des difficult\u00e9s \u00e0 int\u00e9grer les cha\u00eenes de valeur mondiales, car les pays sont int\u00e9gr\u00e9s par la fourniture de mati\u00e8res premi\u00e8res et de produits de base, et la majeure partie du secteur de la production est contr\u00f4l\u00e9e par des entreprises mondiales qui ont accapar\u00e9 la majeure partie de la valeur. Pour changer cela, il est important de construire des cha\u00eenes de valeur r\u00e9gionales comme point de d\u00e9part\".<\/p>\n\n\n\n<p>Dieye a cit\u00e9 l'exemple du Liberia, \"l'un des plus grands producteurs de caoutchouc, mais qui ne peut pas produire un seul pneu \u00e0 partir du caoutchouc qu'il produit\", et de la Guin\u00e9e-Bissau, o\u00f9 \"les noix de cajou brutes repr\u00e9sentent 80 % des exportations vers le march\u00e9 mondial, mais o\u00f9 le pays ne peut pas en transformer plus de 5 %\".<\/p>\n\n\n\n<p>La zone de libre-\u00e9change continentale africaine \"doit aider ces pays \u00e0 renforcer leurs capacit\u00e9s nationales afin de pouvoir transformer, industrialiser et cr\u00e9er pour un march\u00e9 de plus de 1,2 milliard de consommateurs africains\".<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/in\/tetteh-hormeku-ajei-a608b962\/?originalSubdomain=gh\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Tetteh Hormeku<\/strong><\/a>&nbsp;a expliqu\u00e9 que \"la structure \u00e9conomique d\u00e9pendante des exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res a \u00e9t\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e du colonialisme et a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e depuis lors\". Aujourd'hui, la reconnaissance des crises multiples \"offre l'une des plus rares occasions d'entreprendre d'urgence une action collective pour affronter et tenter de d\u00e9manteler ces structures\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"La richesse g\u00e9n\u00e9r\u00e9e en Afrique quitte l'Afrique sous forme de financement, qu'il soit licite ou illicite, et revient sous forme de capitaux \u00e0 la recherche de profits qui, une fois de plus, transf\u00e8rent des revenus hors du continent. Les Africains en sont conscients. Au moment m\u00eame de l'ind\u00e9pendance, chaque pays africain, qu'il soit petit ou grand, de la Zambie \u00e0 l'\u00c9gypte, de la Tanzanie au Ghana, en passant par le S\u00e9n\u00e9gal, a reconnu qu'il devait transformer cet h\u00e9ritage du colonialisme et chaque gouvernement, qu'il soit capitaliste, socialiste ou humaniste, de Kenneth Kaunda \u00e0 Jomo Kenyatta et Julius Nyerere, a entam\u00e9 le processus de transformation de la structure dont il avait h\u00e9rit\u00e9. Tragiquement, des ann\u00e9es 1980 au milieu des ann\u00e9es 1990, la Banque mondiale et le FMI sont intervenus. Et ce que les dirigeants africains consid\u00e9raient comme un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre, ils ont dit \"non, c'est une opportunit\u00e9\". Nous avons accept\u00e9 l'id\u00e9e que ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une limitation \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un \"avantage comparatif\". La Banque mondiale et le FMI nous ont tous conseill\u00e9 de continuer \u00e0 produire notre cacao pour que la Suisse puisse nous fabriquer plus de chocolat.&nbsp; Ou de produire plus de caf\u00e9, pour qu'un autre pays puisse l'utiliser. Cette id\u00e9e qui a commenc\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, cette orgie universelle de lib\u00e9ralisation du march\u00e9 sans aucune responsabilit\u00e9, sans respect de la structure, sans respect des conditions initiales, sans respect de l'endroit d'o\u00f9 vous venez\".<\/p>\n\n\n\n<p>Hormeku a expliqu\u00e9 que \"les \u00e9checs de ce mod\u00e8le nous auraient amen\u00e9s \u00e0 repenser, mais en fait, ils sont devenus une norme internationale avec l'OMC. Puis, il y a 20 ans, nous avons si\u00e9g\u00e9 \u00e0 Doha et l'OMC a adopt\u00e9 le soi-disant programme de d\u00e9veloppement de Doha. Aujourd'hui, les pr\u00e9tendus aspects d\u00e9veloppementaux du cycle de Doha, qui n'a jamais \u00e9t\u00e9 conclu, sont tout simplement jet\u00e9s aux oubliettes. Ce que nous avons maintenant, c'est la mainmise des \u00c9tats-Unis, de l'Union europ\u00e9enne, du Japon ou des pays dits avanc\u00e9s pour imposer des r\u00e8gles qui r\u00e9pondent aux besoins de leurs entreprises. Les acteurs puissants suppriment m\u00eame les petites r\u00e8gles qui donnent aux PMA et aux autres pays en d\u00e9veloppement une chance de ma\u00eetriser leur d\u00e9veloppement. Le traitement sp\u00e9cial et diff\u00e9renci\u00e9, les r\u00e8gles en mati\u00e8re de technologie et d'investissement sont d\u00e9sormais supprim\u00e9s. Et ce n'est pas seulement dans le domaine du commerce que cela se passe. C'est \u00e9galement le cas dans le domaine financier.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Au Ghana, on nous a conseill\u00e9 de d\u00e9r\u00e9glementer et de r\u00e9organiser les finances pour cr\u00e9er des march\u00e9s de capitaux priv\u00e9s. Les bourses sont donc impos\u00e9es, ce qui cr\u00e9e de nombreuses complications. Pour cr\u00e9er des march\u00e9s de capitaux priv\u00e9s et des bourses, les gouvernements doivent privatiser les compagnies d'assurance publiques afin que le secteur priv\u00e9 puisse les acheter. Les pensions qui ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es sur la base des salaires des travailleurs au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 partiellement privatis\u00e9es, afin que le secteur priv\u00e9 puisse s'en emparer. O\u00f9 ces compagnies d'assurance et de retraite priv\u00e9es vont-elles investir ? Le Ghana est un pays exportateur de mati\u00e8res premi\u00e8res, mais investir dans le financement du cacao et du caf\u00e9 n'offre pas beaucoup d'opportunit\u00e9s lucratives, alors ils se tournent vers l'immobilier. De grands immeubles sont construits au Ghana, et un appartement se vend 400 000 dollars. Personne ne peut l'acheter parce qu'ils esp\u00e8rent que les gens viendront acheter \u00e0 l'ext\u00e9rieur. Ils ne peuvent pas acheter, et nous avons des maisons vides avec une crise du logement pour les pauvres. Les compagnies d'assurance priv\u00e9es se retournent contre eux parce qu'il n'y a pas de possibilit\u00e9s d'investissements lucratifs. Elles pr\u00eatent donc \u00e0 nouveau l'argent au gouvernement. Il y a donc un paradoxe : le gouvernement ghan\u00e9en a privatis\u00e9 ses compagnies d'assurance et leur emprunte ensuite de l'argent \u00e0 un taux d'int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Hormeku a d\u00e9clar\u00e9 que \"la raison m\u00eame pour laquelle il est difficile de parler de la crise de la dette au Ghana, c'est qu'elle trouve son origine dans les pensions de retraite et les compagnies d'assurance populaires qui ont \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9es. Dans un certain sens, il ne s'agit donc pas seulement des structures dont nous avons h\u00e9rit\u00e9, mais aussi des politiques que nous avons \u00e9t\u00e9 contraints de mettre en \u0153uvre au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"La solution, a-t-il conclu, est un effort syst\u00e9matique et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 pour r\u00e9orienter l'\u00e9conomie et l'\u00e9loigner de cette d\u00e9pendance aux mati\u00e8res premi\u00e8res. Les pays africains ont adopt\u00e9 en 2014 la&nbsp;<strong>Vision mini\u00e8re africaine<\/strong>, qui tente d'utiliser nos min\u00e9raux et nos ressources naturelles comme base de l'industrialisation. Avec l'ACFTA, cette vision s'inscrit dans le cadre de l'Agenda 2063 de l'Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Malheureusement, ce n'est pas seulement l'action nationale qui est importante, mais le r\u00e9gime international, qui est cens\u00e9 soutenir tout cela, va dans la direction oppos\u00e9e. Apr\u00e8s que les Africains ont adopt\u00e9 la Vision mini\u00e8re africaine, l'Union europ\u00e9enne a rapidement adopt\u00e9 une charte de l'\u00e9nergie qui insiste sur le fait que l'AMV est un m\u00e9canisme de distorsion des \u00e9changes et l'UE a fait campagne pour que les pays africains renoncent \u00e0 la Vision mini\u00e8re africaine, qui \u00e9tait notre propre initiative.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Notre capacit\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre nos propres initiatives est toujours sap\u00e9e par l'Union europ\u00e9enne, les Am\u00e9ricains, qui veulent nous aider, et par les institutions financi\u00e8res. Les pays africains et leurs populations, avec toutes leurs limites, font d\u00e9j\u00e0 quelque chose sur leur continent. Ce n'est pas suffisant. Il y a beaucoup de travail \u00e0 faire. Le syst\u00e8me international de gouvernance \u00e9conomique et commerciale et les institutions financi\u00e8res internationales constituent un v\u00e9ritable champ d'action. Tous ces \u00e9l\u00e9ments doivent \u00eatre r\u00e9organis\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 ce qu'ils puissent au moins compl\u00e9ter, voire soutenir, les efforts internes d\u00e9ploy\u00e9s par les pays africains.<\/p>\n\n\n\n<p>\"\u00c0 Doha, nous parlons maintenant d'un autre plan d'action pour les pays les moins avanc\u00e9s. \u00c0 Istanbul, il y a dix ans, nous avons adopt\u00e9 des engagements beaucoup plus fleuris. En 2017, j'ai particip\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union \u00e0 la CNUCED pour examiner les progr\u00e8s accomplis, qui a conclu que les PMA faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour augmenter leurs exportations, mais qu'ils \u00e9taient frein\u00e9s par l'OMC, la Banque mondiale et le FMI. Donc si nous ne pr\u00eatons pas attention au m\u00e9canisme de gouvernance internationale du financement et du commerce, il est possible que dans dix ans, nous revenions \u00e0 la charge et que toutes ces actions soient simplement bloqu\u00e9es.\"<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/sdgs.un.org\/panelists\/ms-lidy-nacpil-30327\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Lidy Nacpil<\/strong><\/a>&nbsp;a d\u00e9clar\u00e9 que \"la cause sous-jacente et le moteur des multiples crises auxquelles nous sommes confront\u00e9s est la nature fondamentalement injuste, in\u00e9gale et d\u00e9fectueuse du syst\u00e8me \u00e9conomique et financier mondial. Les crises multiples peuvent conduire \u00e0 un changement du syst\u00e8me. Les changements peuvent \u00eatre imm\u00e9diats, \u00e0 moyen terme ou strat\u00e9giques, mais ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tu\u00e9 et renforc\u00e9 par les politiques et les actions des gouvernements et des institutions financi\u00e8res internationales. Et beaucoup de ces institutions internationales, beaucoup de gouvernements \u00e0 travers le monde, sont en fait captur\u00e9s par le grand capital priv\u00e9 et les int\u00e9r\u00eats de l'\u00e9lite, de sorte que les forces auxquelles nous sommes confront\u00e9s repr\u00e9sentent un v\u00e9ritable d\u00e9fi\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"La crise de la dette \u00e0 laquelle sont confront\u00e9s les PMA et l'ensemble des pays du Sud s'est rapidement accumul\u00e9e, avant m\u00eame la crise du COVID. Pour les PMA, le service de la dette a tripl\u00e9 entre 2011 et 2019, selon les chiffres de la CNUCED. C'est pourquoi nous sommes nombreux \u00e0 avoir cri\u00e9 dans divers forums, dans les rues, dans les couloirs de l'ONU, lors d'engagements avec les institutions financi\u00e8res internationales et d'autres types de pr\u00eateurs, pour demander l'annulation imm\u00e9diate, totale et inconditionnelle de la dette.\"<\/p>\n\n\n\n<p>M. Nacpil a ajout\u00e9 que \"nous devons remettre en question l'id\u00e9e dominante selon laquelle les pays ne sont en situation de surendettement que lorsqu'ils ne sont pas en mesure de payer \u00e0 temps et dans leur int\u00e9gralit\u00e9. ...Nous contestons cette id\u00e9e, car de notre point de vue, il y a une crise de la dette lorsque les paiements de la dette compromettent s\u00e9rieusement la capacit\u00e9 de nos pays \u00e0 fournir des services essentiels et \u00e0 entreprendre des actions urgentes, telles que des actions climatiques, et \u00e0 garantir nos droits humains en tant que citoyens de ces pays. D'apr\u00e8s cette d\u00e9finition, la plupart des pays du Sud et tous les PMA sont en situation de surendettement, et pas seulement quatre ou cinq d'entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Nous devons \u00e9galement remettre en question les mesures insuffisantes d'all\u00e8gement de la dette qui ont \u00e9t\u00e9 prises par les pr\u00eateurs au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es et avant cela, en commen\u00e7ant par l'initiative PPTE (Initiative en faveur des pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s, lanc\u00e9e par le FMI et la Banque mondiale en 1996). Pendant la p\u00e9riode de l'initiative PPTE, les pr\u00eateurs, les institutions financi\u00e8res internationales, ont \u00e9t\u00e9 assez francs quant \u00e0 l'objectif r\u00e9el des mesures d'all\u00e8gement de la dette, qui consistait essentiellement \u00e0 assainir les comptes des pays afin qu'ils puissent \u00e0 nouveau emprunter. C'est ce que nous avons constat\u00e9 \u00e0 nouveau ces derni\u00e8res ann\u00e9es, lorsque le profil de la dette de nombreux pays, y compris les PMA, est pass\u00e9 de pr\u00eats concessionnels et hautement concessionnels des institutions multilat\u00e9rales \u00e0 des emprunts de plus en plus importants sur les march\u00e9s financiers, \u00e0 des taux d'int\u00e9r\u00eat bas\u00e9s sur les taux du march\u00e9. Une partie du d\u00e9fi que repr\u00e9sente la demande d'annulation de la dette consiste \u00e9galement \u00e0 obliger les pr\u00eateurs priv\u00e9s \u00e0 faire partie des r\u00e9ponses \u00e0 l'annulation de la dette.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Une partie du travail que nous devons accomplir pour exiger l'annulation de la dette consiste \u00e0 s'assurer qu'il ne s'agit pas seulement de la viabilit\u00e9 de la dette, mais aussi des dettes ill\u00e9gitimes. Au-del\u00e0 de la question de la capacit\u00e9 de paiement, nous devons soulever des questions de justice fondamentales pour savoir si nous devrions r\u00e9ellement payer pour des dettes qui ont financ\u00e9 des projets qui nuisent \u00e0 la population. Alors que le monde reconna\u00eet d\u00e9j\u00e0 les dommages caus\u00e9s par les projets de combustibles fossiles \u00e0 nos populations et \u00e0 notre plan\u00e8te, et que les politiques financi\u00e8res ont \u00e9volu\u00e9 pour ne plus investir dans de nouvelles centrales au charbon - par exemple, la Banque asiatique de d\u00e9veloppement et de nombreuses autres institutions financi\u00e8res se sont engag\u00e9es \u00e0 ne plus financer de nouvelles centrales au charbon -, personne ne parle des dettes \u00e9normes contract\u00e9es pour financer ces projets de combustibles fossiles. Des projets dont il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli qu'ils ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9fastes. Nous avons donc \u00e9galement soulev\u00e9 la question des dettes ill\u00e9gitimes qui ont caus\u00e9 du tort aux gens. Des dettes qui ont viol\u00e9 nos r\u00e8gles et proc\u00e9dures constitutionnelles et d\u00e9mocratiques dans nos pays, des dettes qui ont \u00e9t\u00e9 gaspill\u00e9es pour des projets qui \u00e9taient plus dans l'int\u00e9r\u00eat des pr\u00eateurs que dans l'int\u00e9r\u00eat des emprunteurs, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>\"En ce qui concerne le deuxi\u00e8me point, c'est-\u00e0-dire les mesures imm\u00e9diates \u00e0 prendre, nous devons nous assurer que les pr\u00eats ne constituent plus la principale r\u00e9ponse internationale \u00e0 la crise. Au cours de la p\u00e9riode COVID, l'augmentation des pr\u00eats est pass\u00e9e de 25 \u00e0 40 %. Cela s'est traduit par une augmentation consid\u00e9rable des paiements au titre du service de la dette des PMA entre 2020 et 2022. La plupart des r\u00e9ponses \u00e0 la crise ont \u00e9t\u00e9 : vous \u00eates en difficult\u00e9. Vous \u00eates en crise. Vous luttez pour survivre ici, je vais vous pr\u00eater de l'argent. La plupart des r\u00e9ponses fiscales au COVID, et je dirais aussi au climat, ont pris la forme de pr\u00eats\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Il existe plusieurs propositions de r\u00e9formes syst\u00e9miques, et je tiens \u00e0 r\u00e9affirmer la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9orienter nos \u00e9conomies nationales vers le Sud. Enfin, il faut exiger des r\u00e9parations. Nous voulons crier r\u00e9paration, non seulement dans les rues ou \u00e0 la COP, o\u00f9 ce message \u00e9tait tr\u00e8s fort et c'est pourquoi nous avons gagn\u00e9 la bataille pour un fonds de pertes et dommages, mais aussi dans diverses ar\u00e8nes internationales parce que les r\u00e9parations sont ce qui nous est d\u00fb.\"<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/u\/0\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/edit\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Emilia Reyes<\/strong><\/a>, a \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9 \"la trahison du Nord au reste du monde\". Elle a d\u00e9taill\u00e9 \"trois grandes subventions mondiales dans l'\u00e9conomie mondiale. La premi\u00e8re est la subvention que le Sud global accorde au Nord global, bas\u00e9e sur l'extraction d'\u00e9nergie, de ressources mat\u00e9rielles, de terres, de travail et de temps. La deuxi\u00e8me est la subvention que les femmes apportent \u00e0 l'\u00e9conomie mondiale par le biais de leur travail domestique et de leurs soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. La troisi\u00e8me subvention est fournie \u00e0 notre environnement et est produite par les peuples indig\u00e8nes : 80 % de la biodiversit\u00e9 mondiale. Et ils repr\u00e9sentent 6 % de la population. La logique productive actuelle d\u00e9truit la plan\u00e8te et nous m\u00e8ne \u00e0 l'extinction de la vie\".<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, Reyes a conclu que \"l'\u00e9galit\u00e9 des sexes n'est pas une question micro\u00e9conomique, c'est une question macro\u00e9conomique. Nous vivons des vies imbriqu\u00e9es les unes dans les autres. La trahison dont je vous parlais est due au fait que le Nord global conduit le monde vers l'extinction, et que ce sont les femmes du Sud global, les femmes des PMA, les femmes des petits \u00c9tats insulaires en d\u00e9veloppement (PEID), les femmes des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, qui subissent les impacts les plus durs de toutes ces situations\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Je suis f\u00e9ministe et je viens de la tradition latino-am\u00e9ricaine des f\u00e9ministes de la rupture\", a-t-elle expliqu\u00e9. \"Nous ne sommes pas des f\u00e9ministes de l'inclusion. Nous ne voulons pas \u00eatre incluses dans un syst\u00e8me qui d\u00e9truit la vie, qui d\u00e9truit l'\u00e9cosyst\u00e8me, qui d\u00e9truit la dignit\u00e9 des personnes. Et il continue \u00e0 pr\u00e9dater les styles de vie, par exemple, des PMA et des PEID. Nous ne voulons pas faire partie de ce syst\u00e8me, c'est pourquoi nous devons nous efforcer d'imaginer de nouveaux modes de relation avec nos semblables, mais aussi avec les animaux, les plantes et les \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g20e4b0dfb36_3_284\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Bright Thamie Phiri<\/strong><\/a>&nbsp;a cl\u00f4tur\u00e9 la s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re en d\u00e9clarant : \"Le Malawi a une population de 18,4 millions d'habitants et une \u00e9conomie agraire : \"Le Malawi a une population de 18,4 millions d'habitants et une \u00e9conomie agraire. Les moyens de subsistance de la population d\u00e9pendent de l'agriculture. Au Malawi, 90 % du budget de l'agriculture est consacr\u00e9 \u00e0 un seul programme, le programme de subvention des intrants \u00e0 prix abordable. Ainsi, au Malawi, personne ne peut \u00eatre \u00e9lu au pouvoir sans parler de la mani\u00e8re dont il va nourrir la population.... Malheureusement, \u00e0 ce jour, m\u00eame apr\u00e8s avoir particip\u00e9 aux cinq sommets des PMA, au Malawi, manger trois repas par jour n'est pas quelque chose que l'on consid\u00e8re comme acquis, car environ 60 % de la population ne mange que deux repas par jour\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Soixante-dix pour cent de la population du Malawi vit dans de petites exploitations agricoles et d\u00e9pend des subventions accord\u00e9es par le gouvernement. Une grande partie de la population est en concurrence pour les ressources de production, des ressources de production tr\u00e8s marginales. Ainsi, en raison de la marchandisation des semences et des aliments, il y a toujours eu une pauvret\u00e9 syst\u00e9matique\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"En raison de ces in\u00e9galit\u00e9s, nous avons mis en place un programme dans le cadre duquel nous essayons d'examiner les dispositions hostiles qui continuent de rendre les gens pauvres. Nous appelons \u00e0 l'autonomisation des communaut\u00e9s pour s\u00e9curiser les terres, les semences et les denr\u00e9es alimentaires, mais aussi pour aider les responsables \u00e0 d\u00e9tenir ou \u00e0 octroyer des droits aux communaut\u00e9s. En 2020, le gouvernement a interdit aux gens de participer \u00e0 des foires pour \u00e9changer des semences et de la nourriture, une disposition hostile qui faisait partie de ce que l'on appelle le paquet de la r\u00e9volution verte. Nous avons saisi la justice et, \u00e0 ce jour, cette interdiction a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Au Malawi, la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re est un probl\u00e8me. Peu de gens ont des droits fonciers complets. Nous assistons donc \u00e0 des d\u00e9placements et \u00e0 des r\u00e9affectations syst\u00e9matiques de populations en raison des activit\u00e9s mini\u00e8res. La plupart des populations qui restent pr\u00e8s des rives du lac ont re\u00e7u des avis de quitter les terres afin que les entreprises puissent s'y installer pour faire de l'agriculture \u00e0 l'\u00e9chelle commerciale. Nous avons \u00e9galement contest\u00e9 cette d\u00e9cision, qui a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e, et toutes les terres ont \u00e9t\u00e9 rendues aux communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Les communaut\u00e9s qui d\u00e9fendent leurs droits sur l'eau font \u00e9galement l'objet de pers\u00e9cutions syst\u00e9matiques. R\u00e9cemment, dans le nord du Malawi, des agriculteurs ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s parce qu'ils avaient d\u00e9tect\u00e9 de l'uranium dans leur syst\u00e8me d'approvisionnement en eau, provenant de mines d'uranium. Ils ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et consid\u00e9r\u00e9s comme des espions pour avoir tent\u00e9 de trouver la source des radiations et de la pollution. Nous consid\u00e9rons qu'il est de notre devoir de lutter et de fournir des services \u00e0 ces communaut\u00e9s afin de garantir leurs droits environnementaux. D'autre part, par l'interm\u00e9diaire de notre organisation et de l'AFSA, qui est une plateforme continentale, nous interrogeons et contestons toujours les r\u00e9gimes de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui sont si hostiles aux droits des communaut\u00e9s \u00e0 la terre et \u00e0 l'alimentation. L'Organisation r\u00e9gionale africaine de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle ne cesse de proposer des dispositions hostiles qui privent les communaut\u00e9s de leur droit de continuer \u00e0 \u00e9changer des semences et de la nourriture. En bref, voil\u00e0 ce que je peux dire de notre travail\".<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pl\u00e9ni\u00e8re 1 : Crises multiples et d\u00e9fis pour les PMA<\/strong><br>Doha, 5 mars 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mod\u00e9rateur<\/strong>&nbsp;:&nbsp;Gita Sen (DAWN)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Intervenants :<\/strong>&nbsp;S.E. Cristina Isabel Lopes da Silva Monteiro Duarte (conseill\u00e8re sp\u00e9ciale des Nations unies pour l'Afrique), Paul Akiwumi, directeur pour l'Afrique et les PMA (CNUCED), Cheikh Tidiane Dieye (ENDA-CACID, S\u00e9n\u00e9gal), Tetteh Hormeku (African Trade Network, Ghana), Lidy Nacpil (Asian People's Movement on Debt and Development, Philippines), Emilia Reyes, Equidad de G\u00e9nero, Ciudadania, Trabajo y Familia, M\u00e9xico), Bright Thamie Phiri (Commons for Ecojustice et Alliance for Food Sovereignty in Africa, Malawi).<\/p>\n\n\n\n<p>Lire plus PMA5 : Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile (Doha, Qatar, du 4 au 9 Mars 2023)&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18699\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ici<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Note :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18704#_ednref*\">*<\/a>&nbsp;Ce r\u00e9sum\u00e9 est bas\u00e9 sur des notes et des enregistrements. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 dans un souci de clart\u00e9 et de concision ; des sous-titres ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s pour mettre l'accent sur certains points et apporter des clarifications. Karen Judd a contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction finale.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"546\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1104\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png 600w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7-300x273.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cristina Isabel Lopes da Silva Monteiro Duarte<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les finances, l'\u00e9nergie et l'alimentation des pays en d\u00e9veloppement sont prisonni\u00e8res de paradoxes qui entravent leur d\u00e9veloppement durable, a conclu la premi\u00e8re pl\u00e9ni\u00e8re* du&nbsp;Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile&nbsp;\u00e0 Doha, en mars 2023, dans le cadre du&nbsp;cinqui\u00e8me sommet des Nations unies sur les pays les moins avanc\u00e9s&nbsp;(PMA5). Par Roberto Bissio* \"Les crises du COVID, de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1109,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[142,143],"tags":[194,195],"class_list":["post-1108","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","category-social-watch-news","tag-ldc","tag-ldc5"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1108"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1108\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1112,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1108\/revisions\/1112"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1109"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}