{"id":1119,"date":"2023-06-30T17:56:00","date_gmt":"2023-06-30T17:56:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialwatch.org\/2023\/06\/nous-ne-sommes-pas-sur-la-bonne-voie\/"},"modified":"2025-11-11T13:54:57","modified_gmt":"2025-11-11T13:54:57","slug":"nous-ne-sommes-pas-sur-la-bonne-voie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/2023\/06\/nous-ne-sommes-pas-sur-la-bonne-voie\/","title":{"rendered":"\u201cNous ne sommes pas sur la bonne voie\u201d"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"244\" height=\"244\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8-edited.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1117\" style=\"width:177px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8-edited.png 244w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8-edited-150x150.png 150w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8-edited-120x120.png 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u201cLe diagnostic n'est pas bon, mais nous essayons de garder la feuille de route du d\u00e9veloppement\u201d a r\u00e9sum\u00e9 l'ambassadrice Lachezara Stoeva, pr\u00e9sidente de l'ECOSOC, dans son dialogue avec la soci\u00e9t\u00e9 civile lors du&nbsp;<a href=\"https:\/\/sites.google.com\/gpolicywatch.org\/ldc5-csf\/report\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/a>&nbsp;du&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.un.org\/ldc5\/about\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">cinqui\u00e8me sommet des PMA<\/a>.* Le Conseil \u00e9conomique et social (ECOSOC) est l'organe intergouvernemental de l'ONU charg\u00e9 de superviser l'Agenda 2030 pour le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Roberto Bissio<sup><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18703#_edn*\">*<\/a><\/sup><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g158065b3727_0_19\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Chee Yoke Ling<\/strong><\/a>&nbsp;a rappel\u00e9 que \"c'est l'ann\u00e9e de l'examen \u00e0 mi-parcours de l'Agenda 2030, qui a mis en \u00e9vidence des obstacles structurels syst\u00e9miques et la n\u00e9cessit\u00e9 pour le syst\u00e8me \u00e9conomique international de supprimer ces obstacles et de lib\u00e9rer un espace politique pour les pays en d\u00e9veloppement, en particulier pour les PMA.\"<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.un.org\/ecosoc\/en\/content\/biography\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>La pr\u00e9sidente de l'ECOSOC,&nbsp;<\/strong><\/a><a href=\"https:\/\/www.un.org\/ecosoc\/en\/content\/biography\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Lachezara Stoeva<\/strong><\/a>, a comment\u00e9 que \"l'Agenda 2030, avec ses 17 objectifs de d\u00e9veloppement durable, est la feuille de route pour un monde meilleur. Pour un monde plus riche, meilleur et \u00e9gal\". Sommes-nous sur la bonne voie ? Non, nous ne sommes pas sur la bonne voie. Nous&nbsp;<strong>sommes loin derri\u00e8re la mise en \u0153uvre de tous les objectifs&nbsp;<\/strong>et d'apr\u00e8s l'examen que nous faisons actuellement, nous savons que le diagnostic ne sera pas bon, mais l'objectif de cet examen est de s'assurer que cela reste la feuille de route pour le d\u00e9veloppement, parce que nous n'allons pas n\u00e9gocier quelque chose de mieux et les objectifs, m\u00eame s'ils ne sont pas atteints, ils sont assez significatifs.\"<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\"Comment le programme d'action de Doha et la conf\u00e9rence des PMA5 ici pr\u00e9sente jouent-ils un r\u00f4le dans les objectifs de d\u00e9veloppement durable ? En fait, le programme d'action de Doha s'adresse \u00e0 46 \u00c9tats membres des Nations unies, soit pr\u00e8s d'un quart des membres. Cela repr\u00e9sente presque un quart des membres, et le principe principal de l'Agenda 2030 est de ne laisser personne de c\u00f4t\u00e9. Les PMA sont les plus vuln\u00e9rables, ce sont donc eux qui sont le plus en retard dans la r\u00e9alisation des ODD.&nbsp;<strong>Si nous voulons atteindre les ODD, nous devons&nbsp;<\/strong>donc nous&nbsp;<strong>assurer que le programme d'action de Doha est mis en \u0153uvre. C'<\/strong>est ici que l'engagement doit \u00eatre pris, et nous devons tous travailler deux fois plus dur pour nous assurer que les objectifs du programme d'action de Doha sont atteints, si nous voulons r\u00e9ussir \u00e0 atteindre les objectifs du Mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Il faut \u00eatre ambitieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L'ambassadrice Stoeva a soulign\u00e9 que le Conseil \"s'est enti\u00e8rement consacr\u00e9 cette ann\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9paration des r\u00e9sultats substantiels et des contributions \u00e0 la d\u00e9claration politique qui doit \u00eatre adopt\u00e9e lors du sommet de septembre. Nous consid\u00e9rons notre propre forum politique de haut niveau, qui s'est tenu en juillet, comme un pr\u00e9-sommet cette ann\u00e9e. Nous avons d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9 le forum sur le partenariat, nous allons organiser le forum sur le financement du d\u00e9veloppement, le forum sur la jeunesse et le forum sur la science, la technologie et l'innovation. Le segment de coordination de l'ECOSOC, le segment humanitaire, le segment des activit\u00e9s op\u00e9rationnelles sont tous consacr\u00e9s aux ODD. Dans tous les forums et segments, la soci\u00e9t\u00e9 civile joue un r\u00f4le cl\u00e9. Il faut \u00eatre ambitieux sur tous les aspects pour pousser fortement, parce que les objectifs de d\u00e9veloppement durable appartiennent \u00e0 tout le monde, c'est une approche de l'ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, et il en va de m\u00eame pour le programme d'action de Doha. Il existe donc de nombreuses synergies entre les deux, et l'un ne peut se passer de l'autre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g1590f2c9d3d_0_54\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Maureen Penjeuli<\/strong><\/a>&nbsp;a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: \"Notre point de d\u00e9part est l'ODD 14, \"la vie sous l'eau\" : Notre point de d\u00e9part est l'ODD 14, \"la vie sous l'eau\". Les oc\u00e9ans ont des caract\u00e9ristiques tr\u00e8s sp\u00e9cifiques du point de vue des petits \u00c9tats insulaires en d\u00e9veloppement. Si vous regardez Kiribati, sa masse continentale est de 811 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, mais sa zone \u00e9conomique oc\u00e9anique est de la taille de l'Inde. Tuvalu est beaucoup plus petit. Sa masse continentale est de 26 kilom\u00e8tres carr\u00e9s. Dans sa partie la plus \u00e9troite, l'\u00eele fait environ 76 ou 75 m\u00e8tres de large, et l'a\u00e9roport, qui est la partie la plus large, fait 650 m\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>L'oc\u00e9an fa\u00e7onne et influence r\u00e9ellement les pays du Pacifique, qui d\u00e9pendent fortement d'une tr\u00e8s petite base d'exportation de produits de base, le poisson occupant une place assez importante en termes de revenus. Mais lorsqu'il s'agit de d\u00e9finir les types d'int\u00e9r\u00eat pour l'oc\u00e9an, le&nbsp;<strong>syst\u00e8me multilat\u00e9ral est tr\u00e8s fragment\u00e9, cloisonn\u00e9 et, \u00e0 bien des \u00e9gards, contradictoire. Ainsi, pour la soci\u00e9t\u00e9 civile, nous devons suivre de nombreux instruments<\/strong>. Pour le poisson, nous devons traiter avec l'OMC, et ce que nous voyons, c'est l'\u00e9rosion du \"traitement sp\u00e9cial et diff\u00e9renci\u00e9\", ou des responsabilit\u00e9s historiques dans les n\u00e9gociations sur le climat, ou de l'acc\u00e8s \u00e0 l'\u00e9quit\u00e9 et du partage des b\u00e9n\u00e9fices sur la biodiversit\u00e9 au-del\u00e0 des zones de juridiction nationale. Nous assistons \u00e0 ce type de r\u00e9gression dans tous les domaines en ce qui concerne les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le pass\u00e9\".<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a conclu en disant : \"Parmi les choses qui fonctionnent pour nous dans le Pacifique, il y a le fait que nous contr\u00f4lons toujours la terre par le biais de syst\u00e8mes coutumiers de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re, ce qui est fondamentalement important parce que cela permet \u00e0 nos communaut\u00e9s et \u00e0 nos peuples de garder le contr\u00f4le de la terre et aussi des oc\u00e9ans. Deuxi\u00e8mement, le Pacifique est vraiment tr\u00e8s riche sur le plan culturel. Un pays comme les \u00eeles Salomon compte plus de 200 langues diff\u00e9rentes et 85 \u00e0 90 % de la biodiversit\u00e9 se trouve dans les oc\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Chee Yoke Ling a \u00e9voqu\u00e9 les difficiles n\u00e9gociations sur la&nbsp;<strong>biodiversit\u00e9 au-del\u00e0 des juridictions nationales&nbsp;<\/strong>: \"Apr\u00e8s un marathon de 48 heures, jour et nuit, \u00e0 New York, un nouveau trait\u00e9 a vu le jour dans le cadre des n\u00e9gociations des Nations unies, o\u00f9 chaque pays dispose d'une voix. Mais personne n'a encore vu le texte dans son int\u00e9gralit\u00e9 et nous ne savons pas vraiment ce qui a \u00e9t\u00e9 compromis en fin de compte. Ce nouveau trait\u00e9 sera envoy\u00e9 \u00e0 un groupe de travail \u00e0 composition non limit\u00e9e qui proc\u00e9dera \u00e0 des modifications techniques, et l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cidera en septembre de la date \u00e0 laquelle ce groupe de travail se r\u00e9unira pour achever le trait\u00e9, mais pas dans le cadre du processus de n\u00e9gociation intergouvernemental habituel. Nous pouvons nous demander si c'est le type de prise de d\u00e9cision multilat\u00e9rale que nous aimerions avoir ou non\".<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g156d11e3634_0_78\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Mar\u00eda Graciela Cuervo<\/strong><\/a>&nbsp;a mis l'accent sur le travail de longue date des f\u00e9ministes et des organisations de femmes qui sont actives dans les espaces multilat\u00e9raux depuis de nombreuses ann\u00e9es \"avec un message clair de promotion de l'\u00e9galit\u00e9 des sexes, de l'autonomisation des femmes et des droits humains des femmes en tant qu'\u00e9l\u00e9ments essentiels d'un d\u00e9veloppement inclusif et durable\". Si \"ce travail a permis de faire progresser les cadres institutionnels mondiaux, leur traduction en cadres et normes nationaux est encore tr\u00e8s in\u00e9gale\". Parmi les obstacles structurels, citons \"les in\u00e9galit\u00e9s croissantes, l'espace politique et fiscal restreint, le changement climatique, les obstacles macro\u00e9conomiques et la maladie\". Ces obstacles doivent \u00eatre abord\u00e9s de mani\u00e8re coordonn\u00e9e, tant au niveau national que mondial, en reconnaissant pleinement les positions des femmes, leurs contributions au d\u00e9veloppement, ainsi que leurs oppressions et leur subordination aux syst\u00e8mes patriarcaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que \"les conf\u00e9rences des Nations unies des ann\u00e9es 90 et l'Agenda 2030 ont permis d'obtenir des avanc\u00e9es majeures en mati\u00e8re de droits humains des femmes,&nbsp;<strong>nous avons assist\u00e9 \u00e0 la cooptation de ce langage dans de fausses solutions, principalement des solutions d'entreprise qui utilisent les femmes comme un symbole<\/strong>. Nous avons \u00e9galement assist\u00e9 \u00e0 la politisation du concept et de la pratique de l'autonomisation des femmes. Les strat\u00e9gies de lavage de rose des entreprises et, plus r\u00e9cemment, les politiques \u00e9trang\u00e8res f\u00e9ministes superficielles des gouvernements du Nord qui, d'une part, sont soi-disant f\u00e9ministes et, d'autre part, leurs pratiques ne le sont pas.\"<\/p>\n\n\n\n<p>Nous notons avec inqui\u00e9tude que dans le Programme d'action de Doha, les \u00c9tats membres s'engagent parfois \u00e0 agir et que dans certains paragraphes pertinents, lorsqu'il s'agit de renforcer la gouvernance mondiale ou d'entreprendre une action du Nord, ils se contentent d'\"encourager\" les gouvernements. Le programme d'action de Doha mentionne la jouissance des droits humains par les femmes et les filles, l'acc\u00e8s \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l'\u00e9ducation, \u00e0 la protection sociale, \u00e0 la participation politique et \u00e0 l'\u00e9limination de la violence, mais si nous le pensons vraiment,&nbsp;<strong>nous devons nous attaquer aux obstacles structurels<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Le travail de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 des femmes et la fa\u00e7on dont il est n\u00e9glig\u00e9 en tant qu'activit\u00e9 productive constituent un obstacle majeur \u00e0 l'\u00e9galit\u00e9 des sexes et \u00e0 la justice \u00e9conomique.&nbsp;<strong>Nous devons reconna\u00eetre le travail de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9&nbsp;<\/strong>dans l'\u00e9laboration des politiques macro\u00e9conomiques. C'est-\u00e0-dire les politiques fiscales, mon\u00e9taires, etc. Cela doit se traduire par le d\u00e9veloppement de syst\u00e8mes de protection sociale et de syst\u00e8mes nationaux de soins. Malheureusement, les IFI ont r\u00e9ussi \u00e0 saper les normes des droits de l'homme dans le Sud en recommandant la d\u00e9r\u00e9glementation des march\u00e9s, la privatisation et d'autres strat\u00e9gies qui poussent les pays du Sud \u00e0 une course vers le bas.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Cuervo a affirm\u00e9 que \"nous devons continuer \u00e0 faire pression sur nos soi-disant partenaires de d\u00e9veloppement. Aucun des d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9s les PMA ne peut \u00eatre relev\u00e9 par des mesures nationales uniquement. La dette compromet gravement les capacit\u00e9s \u00e0 garantir les droits de l'homme de la population et nous devons continuer \u00e0 faire pression pour qu'elle soit annul\u00e9e. Enfin, nous devons faire davantage pression sur les pays du Sud et du Nord pour qu'ils remplissent leurs obligations contraignantes en mati\u00e8re de droits de l'homme. Les organisations f\u00e9ministes ont utilis\u00e9 les m\u00e9canismes du Conseil des droits de l'homme tels que les examens p\u00e9riodiques universels ou les rapports alternatifs aupr\u00e8s des organes de trait\u00e9s des Nations unies tels que le Comit\u00e9 des droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels ou le Comit\u00e9 pour l'\u00e9limination de la discrimination \u00e0 l'\u00e9gard des femmes. Nous appelons les pays du Sud \u00e0 assumer leurs responsabilit\u00e9s en tant que d\u00e9tenteurs de devoirs, mais aussi les pays du Nord \u00e0 respecter leurs obligations extraterritoriales en mati\u00e8re de droits de l'homme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g20e4b0dfb36_3_82\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Dereje Alemayehu<\/strong><\/a>&nbsp;a abord\u00e9 la question de la mobilisation des ressources nationales en d\u00e9clarant qu'\"<strong>il n'existe aucun pays au monde dont le d\u00e9veloppement est guid\u00e9 par le march\u00e9.&nbsp;<\/strong>Tout le d\u00e9veloppement \u00e9tait dirig\u00e9 par l'\u00c9tat. Les march\u00e9s \u00e9taient r\u00e9glement\u00e9s, les march\u00e9s \u00e9taient cr\u00e9\u00e9s par l'\u00c9tat. Mais lorsqu'il s'agissait de pays en d\u00e9veloppement, on disait \"laissez le d\u00e9veloppement au march\u00e9\". L'Afrique en \u00e9tait consciente. Lorsque le programme d'ajustement structurel est arriv\u00e9, l'Afrique a dit \"nous avons besoin d'une transformation structurelle, pas d'un ajustement structurel\".&nbsp; Mais il a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 de toute fa\u00e7on. Je ne nie pas qu'il existe des adeptes du paradigme de d\u00e9veloppement n\u00e9olib\u00e9ral dans les pays \u00e0 faible revenu, mais la le\u00e7on, le paquet, vient du Nord. La remise en question de ce paradigme de d\u00e9veloppement est le devoir que les pays en d\u00e9veloppement doivent assumer.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Alemayehu a fait valoir que \"dans le syst\u00e8me des Nations unies, la cr\u00e9ation m\u00eame de cette structure sur les pays les moins avanc\u00e9s fait entrer ces questions dans la logique de l'aide au d\u00e9veloppement (APD), de l'aide aux pays pauvres. On s'<strong>\u00e9loigne de la reconnaissance de leurs droits au d\u00e9veloppement pour en faire une op\u00e9ration caritative<\/strong>. La soci\u00e9t\u00e9 civile se bat pour que la question des relations de pouvoir et des questions structurelles soit port\u00e9e devant les Nations unies.&nbsp; Mais nous nous penchons \u00e9galement sur la question du financement du d\u00e9veloppement. On a tendance \u00e0 en faire une op\u00e9ration de collecte de fonds, mais le financement du d\u00e9veloppement a commenc\u00e9 par remettre en question la logique financi\u00e8re, en examinant les m\u00e9canismes structurels par lesquels les ressources circulent du Sud vers le Nord.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Ramener les questions de gouvernance et de structure \u00e0 l'ONU\".<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les ODD comprennent un engagement \u00e0 r\u00e9duire les flux financiers illicites. Nous nous sommes imm\u00e9diatement engag\u00e9s dans un d\u00e9bat sur ce qui est l\u00e9gitime et ce qui est illicite. Au lieu de prendre des mesures concr\u00e8tes pour les arr\u00eater, on a tergivers\u00e9. Sept ans et demi, soit la moiti\u00e9 du temps, se sont \u00e9coul\u00e9s, mais pas un centime des flux financiers illicites du Sud vers le Nord n'a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9. La Commission \u00e9conomique pour l'Afrique a cr\u00e9\u00e9 une commission, dirig\u00e9e par Thabo Mbeki, pour \u00e9tudier les&nbsp;<strong>flux financiers illicites en provenance d'Afrique<\/strong>. Elle a constat\u00e9 que plus de 66 % des flux financiers illicites en provenance d'Afrique sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9s au sein de l'\u00e9conomie. Il ne s'agit pas d'une activit\u00e9 ill\u00e9gale \u00e0 la source des flux financiers illicites, mais d'une activit\u00e9 commerciale, de flux financiers illicites induits, qui drainent des ressources hors de l'Afrique. Aucune mesure n'est prise pour arr\u00eater ces flux financiers illicites. Ils tentent de r\u00e9duire le probl\u00e8me \u00e0 la corruption des \u00e9lites africaines, mais les chiffres parlent d'eux-m\u00eames\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Ce qui est tr\u00e8s important pour les pays en d\u00e9veloppement, c'est d'abord de ramener la question de la gouvernance et des changements structurels au sein des Nations unies. Lorsque les Nations unies demandent aux pays du G20 de faire ceci ou cela, elles confient leur mandat \u00e0 un club priv\u00e9 de pays riches ! Nous devons&nbsp;<strong>r\u00e9cup\u00e9rer le r\u00f4le de l'ONU dans l'\u00e9tablissement de normes&nbsp;<\/strong>et la r\u00e9glementation. La deuxi\u00e8me chose, tr\u00e8s importante, est que le groupe du G77 au sein des Nations unies soit plus fort et qu'il lance des d\u00e9fis. Sans leur unit\u00e9, il n'est pas possible d'am\u00e9liorer les choses au niveau mondial. Nous nous sommes battus pour qu'un processus intergouvernemental des Nations unies soit mis en place afin de r\u00e9former les r\u00e8gles fiscales internationales et de fixer des normes. Les r\u00e8gles actuelles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es il y a 100 ans, alors que la plupart des pays africains et des pays en d\u00e9veloppement n'\u00e9taient pas ind\u00e9pendants. Pour les modifier, les pays riches voulaient que seule l'OCDE soit charg\u00e9e de fixer les r\u00e8gles, mais un changement important est finalement intervenu en d\u00e9cembre dernier, lorsque la proposition du groupe africain de ramener la question de la coop\u00e9ration fiscale internationale au sein des Nations unies a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e. Il y a une le\u00e7on \u00e0 en tirer. La seule fa\u00e7on pour les pays en d\u00e9veloppement de changer les structures et les relations de pouvoir au niveau mondial est de renforcer leur voix au sein du syst\u00e8me des Nations unies, de&nbsp;<strong>faire de l'ONU non pas une institution multipartite, mais une institution dirig\u00e9e par les \u00c9tats membres, dans laquelle&nbsp;<\/strong>tous les pays peuvent n\u00e9gocier sur un pied d'\u00e9galit\u00e9 pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes communs\".<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\"Les d\u00e9cisions des Nations unies sont du ressort des \u00c9tats membres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L'ambassadrice Stoeva, qui a pr\u00e9sid\u00e9 la r\u00e9union au cours de laquelle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e la r\u00e9solution des Nations unies sur les taxes en d\u00e9cembre dernier, a d\u00e9clar\u00e9 : \"C'est aux \u00c9tats membres de d\u00e9cider ce que les Nations unies peuvent faire et ce qu'elles ne peuvent pas faire. Nous ne pouvons pas reprocher \u00e0 l'ECOSOC, \u00e0 l'ONU ou \u00e0 tout autre organe des Nations unies de ne pas faire son travail. En ce qui concerne le financement du d\u00e9veloppement, il est essentiel que nous obtenions des r\u00e9sultats cette ann\u00e9e. Il s'agira d'un \u00e9l\u00e9ment extr\u00eamement important pour la r\u00e9ussite du sommet sur les objectifs de d\u00e9veloppement durable qui se tiendra en septembre.<\/p>\n\n\n\n<p>\"Nous ne cessons de r\u00e9p\u00e9ter que l'ECOSOC devrait \u00eatre le lieu o\u00f9 nous discutons des probl\u00e8mes, mais nous devons aussi r\u00e9aliser que&nbsp;<strong>le FMI fait \u00e9galement partie du syst\u00e8me des Nations unies<\/strong>. Nous essayons cette ann\u00e9e d'avoir un dialogue plus ouvert avec lui, et j'esp\u00e8re que nous progresserons dans cette direction. Je ne suis pas s\u00fbr \u00e0 100 % que nous verrons des changements spectaculaires du jour au lendemain. Cela prendra du temps, mais tant qu'ils ressentent l'urgence et la n\u00e9cessit\u00e9 d'agir, c'est d\u00e9j\u00e0 un pas en avant. Nous voulons tous tout, et tout de suite. Cela n'arrivera pas, mais nous pouvons progresser. Ce n'est pas id\u00e9al, mais nous n'avons pas d'autres options.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 de nombreux moments, vous \u00eates d\u00e9\u00e7us par les Nations unies parce qu'elles ne r\u00e9pondent pas aux attentes \u00e9lev\u00e9es que vous avez, mais je pense que notre seule issue est de travailler ensemble dans ce syst\u00e8me, qui est loin d'\u00eatre parfait, mais c'est le seul que nous ayons, et nous n'allons pas maintenant en cr\u00e9er un meilleur, c'est certain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Coop\u00e9ration num\u00e9rique mondiale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g212358e47bf_0_5\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Anita Gurumurthy<\/strong><\/a>&nbsp;s'est pench\u00e9e sur le \"pacte num\u00e9rique\", peu connu, qui fait l'objet de discussions au sein des Nations unies. \"En juin 2018, un groupe de haut niveau sur la coop\u00e9ration num\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 mis en place par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l'ONU, pr\u00e9sid\u00e9 par Melinda Gates et Jack Ma. La soci\u00e9t\u00e9 civile s'est exprim\u00e9e au sein de ce comit\u00e9, mais les enjeux de l'\u00e9conomie num\u00e9rique pour les superpuissances sont tr\u00e8s pr\u00e9sents dans le rapport de 2019. Un an plus tard, en 2020, nous avons eu le rapport du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, qui est la feuille de route pour la coop\u00e9ration num\u00e9rique, qui refl\u00e8te d'une certaine mani\u00e8re les aspirations de la soci\u00e9t\u00e9 civile en termes de connectivit\u00e9, d'inclusion num\u00e9rique, de droits de l'homme, et qui se termine par un appel \u00e0 la coop\u00e9ration num\u00e9rique mondiale. En 2021, le rapport du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral intitul\u00e9 \"Notre programme commun\" commence par \"Un appel au r\u00e9veil\" et appelle \u00e0 la tenue d'un sommet de l'avenir en 2024, qui inclura un Pacte mondial pour le num\u00e9rique. Le bureau de l'envoy\u00e9 sp\u00e9cial du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies pour la technologie organise de nombreuses consultations, et la soci\u00e9t\u00e9 civile dispose de tr\u00e8s nombreux moyens pour s'exprimer.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que personne de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui observe le terrain, je pense que la num\u00e9risation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e que nous observons aujourd'hui fait partie int\u00e9grante du probl\u00e8me de l'in\u00e9galit\u00e9. Une analyse des donn\u00e9es montrerait une&nbsp;<strong>colin\u00e9arit\u00e9, voire une causalit\u00e9, entre les mod\u00e8les de num\u00e9risation et le creusement des in\u00e9galit\u00e9s<\/strong>. Cela ne signifie pas que nous jetons le b\u00e9b\u00e9 avec l'eau du bain, car le probl\u00e8me r\u00e9side dans la mani\u00e8re particuli\u00e8re dont nous avons men\u00e9 les processus de num\u00e9risation et de plateformisation. La deuxi\u00e8me chose que je voudrais dire, c'est qu'il y a beaucoup de nouveaux discours dans le domaine num\u00e9rique qui font vraiment appel \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, un langage que nous avons invent\u00e9, souvent, pour communiquer avec nos mouvements sociaux. Le mot \"commun\", les biens communs, les biens publics... Mais nous devons faire tr\u00e8s attention aux biens communs capitalistes, pour ainsi dire, parce que dans de tr\u00e8s nombreux domaines, y compris le domaine num\u00e9rique, les personnes qui contribuent aux biens communs sont m\u00e9connues et ne sont absolument pas r\u00e9compens\u00e9es par le syst\u00e8me. Ils sont en fait cannibalis\u00e9s par le syst\u00e8me. L'id\u00e9e qu'il existe ces biens publics num\u00e9riques, qu'ils sont pr\u00eats \u00e0 l'emploi et que les pays les moins d\u00e9velopp\u00e9s doivent en fait rattraper leur retard, fait partie d'une sorte de psych\u00e9 sociale collective, et nous devons \u00eatre tr\u00e8s prudents \u00e0 ce sujet. Je vous raconterai bient\u00f4t une histoire sur les biens publics num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le domaine spectaculaire du num\u00e9rique, avec les concepts d'ouverture, de libert\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9, nous voyons un certain reflet de nos propres aspirations. Mais nous devons \u00eatre tr\u00e8s prudents. Tout d'abord, l'ouverture signifie \u00e9galement que certaines personnes mettent des choses dans le pool commun et que d'autres les enl\u00e8vent. C'est l'histoire des donn\u00e9es. Si vous vous rendez \u00e0 l'OMS, \u00e0 la COP 15, par exemple, pour discuter du partage \u00e9quitable des avantages de l'information sur les s\u00e9quences num\u00e9riques, vous constaterez que le syst\u00e8me mondial, par conviction, par ignorance, par conspiration ou par une combinaison de tous ces \u00e9l\u00e9ments, encourage de plus en plus les pays les plus pauvres \u00e0 contribuer \u00e0 la mise en commun des donn\u00e9es. Mais il n'existe pas de paradigme ou de cadre de gouvernance mondiale pour les donn\u00e9es num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me chose est la libert\u00e9. Lorsque nous entendons des appels \u00e0 la libert\u00e9, il se peut que nous ne disions pas la m\u00eame chose, car la libert\u00e9 pour nous n'est pas la libert\u00e9 d'articuler notre voix dans les publics privatis\u00e9s, contr\u00f4l\u00e9s par les quelques entreprises num\u00e9riques. Nous ne voulons vraiment pas parler sur Twitter d'une mani\u00e8re que Musk peut d\u00e9terminer comme \u00e9tant bonne ou mauvaise, n'est-ce pas ? Enfin, en ce qui concerne la s\u00e9curit\u00e9, les mouvements f\u00e9ministes disent depuis longtemps que nous ne voulons pas techniciser ce d\u00e9bat. Il s'agit d'une partie du bien-\u00eatre social, donc nous devons vraiment sauver l'id\u00e9e de s\u00e9curit\u00e9 de tout cela. En ce qui concerne le financement public des biens num\u00e9riques ou des biens num\u00e9riques publics, il y a donc trois le\u00e7ons \u00e0 tirer.&nbsp; La premi\u00e8re est que la d\u00e9pendance excessive \u00e0 l'\u00e9gard du mod\u00e8le de march\u00e9 n'a pas apport\u00e9 la connectivit\u00e9 \u00e0 tous les PMA. En fait, la fracture num\u00e9rique dans certains pays ne sera jamais combl\u00e9e. La deuxi\u00e8me est la banque technologique et les difficult\u00e9s programmatiques que rencontrent les PMA pour garder un \u0153il sur l'horizon. Pourquoi ? Il est extr\u00eamement difficile de suivre les innovations, car si vous aviez les ressources pour le faire, vous le feriez.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les soci\u00e9t\u00e9s de conseil sont de mauvais \u00e9l\u00e8ves<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8mement, tous les cinq grands cabinets de conseil s'accordent \u00e0 dire que les investissements dans l'IA dans des secteurs cl\u00e9s tels que l'agriculture, par exemple, ne concernent que les cha\u00eenes de valeur en aval, ce qui signifie que partout o\u00f9 il y a de l'argent \u00e0 gagner par le biais de l'assurance-r\u00e9colte, de la fintech, c'est-\u00e0-dire les march\u00e9s de la base de la pyramide. Sur les march\u00e9s des intrants agricoles, qui sont si importants pour les PMA, il n'y a personne pour mettre de l'argent. Nous revenons \u00e0 l'id\u00e9e que nous avons besoin de finances publiques et donc d'une r\u00e9forme des IFI. La v\u00e9rit\u00e9 la plus simple est que l'ancien paradigme du transfert de technologie ne fonctionnera pas. En effet, les biens publics num\u00e9riques qui impliquent des donn\u00e9es sont \u00e9galement des ressources nationales souveraines, et le paradigme du transfert nous fait croire qu'une soci\u00e9t\u00e9 de conseil prendra nos donn\u00e9es et nous rendra les solutions analytiques, ce qui n'arrive jamais. Les entreprises qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l'alliance mondiale sur les biens publics num\u00e9riques font un copier-coller du programme d'identification num\u00e9rique qu'elles ont, puis personnalisent le m\u00eame logiciel pour chaque pays. Elles ne se contentent donc pas de resquiller, elles commettent \u00e9galement une infraction, et en \u00e9conomie, l'infraction revient \u00e0 s'approprier les biens communs. Nous devons donc nous rappeler que les biens communs num\u00e9riques mondiaux doivent \u00eatre g\u00e9r\u00e9s comme des biens publics num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9.&nbsp;<strong>Premi\u00e8rement<\/strong>, nous avons besoin d'un financement public et d'un \u00e9cosyst\u00e8me public d'innovation num\u00e9rique. Nous ne pouvons pas croire que le secteur priv\u00e9 apportera l'innovation dans les secteurs qui nous int\u00e9ressent.&nbsp;<strong>Deuxi\u00e8mement<\/strong>, la gouvernance des biens publics num\u00e9riques mondiaux est aussi importante que la gouvernance au niveau national, et nous avons donc besoin de cadres pour cela dans toutes les grandes institutions des Nations unies, de la m\u00eame mani\u00e8re que nous avons des cadres pour les droits de l'homme.&nbsp;<strong>Troisi\u00e8mement<\/strong>, une gouvernance efficace des soci\u00e9t\u00e9s num\u00e9riques transnationales qui revendiquent la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sur l'analyse, l'IA, sans respecter les biens communs sociaux des donn\u00e9es.&nbsp;<strong>Quatri\u00e8mement,&nbsp;<\/strong>un nouveau constitutionnalisme des donn\u00e9es, fond\u00e9 sur le droit au d\u00e9veloppement.&nbsp;<strong>Cinqui\u00e8mement<\/strong>, nous avons besoin d'un agenda centr\u00e9 sur l'humain. Et&nbsp;<strong>sixi\u00e8mement<\/strong>, nous avons besoin d'une certaine capacit\u00e9 syst\u00e9mique dans les pays en d\u00e9veloppement, qui consiste \u00e0 construire notre propre capacit\u00e9 \u00e0 gouverner l'\u00e9conomie des donn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les syst\u00e8mes alimentaires sont essentiels<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/afsafrica.org\/meet-the-team\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Bridget Mugabe<\/strong><\/a>&nbsp;a parl\u00e9 des syst\u00e8mes alimentaires et agricoles, notant que \"les syst\u00e8mes alimentaires sont un sujet minoritaire dans le programme d'action de Doha, ce qui est assez inqui\u00e9tant, \u00e9tant donn\u00e9 que la majorit\u00e9 des pays les moins avanc\u00e9s se concentrent sur l'agriculture en tant qu'\u00e9pine dorsale de leurs \u00e9conomies. En Afrique, o\u00f9 se trouve la majorit\u00e9 des PMA, nous voyons se profiler une crise alimentaire. Et aussi une crise climatique, la pand\u00e9mie de COVID-19, pas tant en termes de nombre de d\u00e9c\u00e8s, mais en termes d'impacts \u00e9conomiques, y compris l'impossibilit\u00e9 d'acc\u00e9der aux vaccins n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p>La facture des importations alimentaires de l'Afrique est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Elle s'\u00e9l\u00e8ve actuellement \u00e0 50 milliards de dollars et devrait doubler d'ici \u00e0 2030. Quel en est l'impact ? Il s'agit d'une question \u00e9conomique, mais aussi de souverainet\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 alimentaires, d'acc\u00e8s aux importations de denr\u00e9es alimentaires, mais aussi d'acc\u00e8s aux engrais, aux engrais synth\u00e9tiques qui font l'objet d'une forte promotion. Deux paradigmes diff\u00e9rents sont propos\u00e9s comme solutions. L'un d'entre eux, qui est le plus financ\u00e9 et qui domine l'agriculture africaine et les politiques alimentaires, se concentre sur l'augmentation de la production, en utilisant des engrais synth\u00e9tiques, des drones, la robotique, l'imagerie et le big data, et cela se fait au d\u00e9triment des for\u00eats et des masses d'eau.<\/p>\n\n\n\n<p>L'autre paradigme propos\u00e9 par l'AFSA est l'<strong>agro\u00e9cologie et l'approche des syst\u00e8mes alimentaires,&nbsp;<\/strong>qui envisage la production en mettant l'accent sur les march\u00e9s territoriaux. Dans le cadre de la zone de libre-\u00e9change continentale, il est n\u00e9cessaire de renforcer les march\u00e9s territoriaux afin de faciliter la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et l'acc\u00e8s \u00e0 une alimentation saine. L'agro\u00e9cologie et l'approche des syst\u00e8mes alimentaires s'int\u00e9ressent \u00e9galement aux interactions sociales de la production alimentaire, \u00e0 la mani\u00e8re dont nous interagissons dans l'environnement, avec les march\u00e9s, avec les populations, avec leurs moyens de subsistance. Elle prend en compte les questions de genre. Nous proposons donc une approche qui ne prescrit pas de solutions telles que l'utilisation de drones et de semences intelligentes, mais une approche qui envisage une transition, ce qui signifie que nous nous d\u00e9pla\u00e7ons avec les gens, et non avec les entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Le paradigme de la production favorise le contr\u00f4le de l'agriculture par les entreprises, en retirant le contr\u00f4le de la terre des mains des populations pour le confier \u00e0 un secteur priv\u00e9 qui ne cherche qu'\u00e0 faire des profits. Ainsi, en termes de propositions, alors que nous nous dirigeons vers l'examen des objectifs du Mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement et la mise en \u0153uvre du Programme d'action de Doha, l'une d'entre elles consisterait \u00e0 demander un environnement favorable, ce qui signifie que nous devons promouvoir les march\u00e9s territoriaux, qui sont le moyen le plus facile pour la plupart des gens d'acc\u00e9der \u00e0 la nourriture sur leur territoire, o\u00f9 ils peuvent avoir acc\u00e8s \u00e0 des aliments sains, \u00e0 des aliments bon march\u00e9. Nous demandons un financement public, mais aussi un financement priv\u00e9, non pas sous forme de pr\u00eats, mais sous forme de subventions. Nous proposons que les terres soient confi\u00e9es aux communaut\u00e9s, aux producteurs de denr\u00e9es alimentaires, alors que l'approche adopt\u00e9e dans la plupart de nos pays consiste \u00e0 consacrer les terres \u00e0 la monoculture, en privant les petits exploitants agricoles d'une grande partie de leurs terres. Les petits exploitants agricoles nourrissent l'Afrique, mais ils ne disposent pas de la technologie appropri\u00e9e pour les soutenir, ils manquent de financement et d'espace politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Chee Yoke Ling se souvient que \"la FAO a enfin reconnu que plus de 90 % de notre production alimentaire provient des petits agriculteurs, en particulier des femmes. C'est un probl\u00e8me pour pratiquement toutes nos politiques nationales, le manque de connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 des syst\u00e8mes agricoles, de la diversit\u00e9 des semences et du r\u00f4le des petits agriculteurs. Il y a ce sentiment que ce qui est grand est efficace et aussi le concept de technologie, comme s'il n'y avait pas de technologie dans les syst\u00e8mes tr\u00e8s divers et complexes que nos agriculteurs ont en fait sur le terrain. Et il y a tant de choses qui se passent actuellement, de nouvelles fa\u00e7ons de consid\u00e9rer l'information, de travailler avec l'exp\u00e9rience des connaissances traditionnelles. Comment pouvons-nous apporter cela aux Nations unies ?<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/presentation\/d\/1mIU0893h2vT_THfikmYHLBRdUpv3d-Igmw61x3SXJpQ\/present?slide=id.g1f489be2bfa_0_59\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Chantal Umuhoza<\/strong><\/a>, s'appuyant sur l'exp\u00e9rience du Rwanda, a confirm\u00e9 qu'\"il y a certainement beaucoup de progr\u00e8s, une bonne gouvernance, une gouvernance d\u00e9centralis\u00e9e, des institutions fortes et des progr\u00e8s en mati\u00e8re de num\u00e9risation de l'\u00e9conomie et de d\u00e9veloppement des infrastructures. Mais les taux de pauvret\u00e9 restent \u00e9lev\u00e9s, les in\u00e9galit\u00e9s augmentent et des obstacles structurels et syst\u00e9miques subsistent. Le Rwanda montre qu'il ne suffit pas d'avoir une bonne gouvernance et de bonnes institutions. Il faut aller plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La division aggrave la situation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En Afrique, aucun pays ne peut progresser seul. Et le Rwanda est un pays enclav\u00e9. Il y a beaucoup d'investissements dans les transports, les compagnies a\u00e9riennes et tout le reste. Mais sur le continent africain, aucun pays ne peut am\u00e9liorer, par exemple, les d\u00e9fis persistants du transport a\u00e9rien sans vraiment consid\u00e9rer l'Afrique dans son ensemble et am\u00e9liorer ces situations et les investissements dans les m\u00eames secteurs ensemble. C'est pourquoi les solutions propos\u00e9es par l'Union africaine sont si importantes. Les PMA d'Afrique doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re holistique. Nous avons des agendas fragment\u00e9s et un soutien et des finances fragment\u00e9s qui arrivent sur le continent et qui ne sont pas tr\u00e8s diff\u00e9rents du \"diviser pour r\u00e9gner\" de l'\u00e8re coloniale. Le Rwanda ne peut pas progresser si la r\u00e9gion de l'Afrique de l'Est et l'Afrique dans son ensemble ne font pas de m\u00eame. C'est pourquoi le concept de multilat\u00e9ralisme en Afrique est si important, car la division ne fait qu'empirer les choses.<\/p>\n\n\n\n<p>Chee Yoke Ling a conclu : \"Ambassadeur Stoeva, c'est la premi\u00e8re fois depuis de nombreuses ann\u00e9es que nous nous r\u00e9unissons dans un m\u00eame espace, militants, jeunes, vieux, exp\u00e9riment\u00e9s, apprenant et m\u00eame les plus \u00e2g\u00e9s apprenant tout le temps, se r\u00e9unissant \u00e0 travers des aspects tr\u00e8s diff\u00e9rents du travail, mais comprenant fondamentalement que les causes profondes des probl\u00e8mes sont similaires, et s'engageant \u00e0 l'action.\"<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pl\u00e9ni\u00e8re 2 : Le programme d'action pour le d\u00e9veloppement durable : une cl\u00e9 pour l'Agenda 2030 pour le d\u00e9veloppement durable<\/strong><br>Doha, 5 mars 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mod\u00e9rateur&nbsp;<\/strong>: Chee Yoke Ling<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Intervenants&nbsp;<\/strong>: Ambassadeur Lachezara Stoeva (Pr\u00e9sident de l'ECOSOC), Million Belay (R\u00e9seau africain pour la souverainet\u00e9 alimentaire, \u00c9thiopie), Maureen Penjueli (Pacific Network on Globalisation, Fidji), Dereje Alemayehu (Global Alliance for Tax Justice, P\u00e9rou), Mar\u00eda Graciela Cuervo (DAWN, R\u00e9publique dominicaine), Anita Gurumurthy (IT for Change, Inde), Chantal Umuhoza (RESURJ, Rwanda).<\/p>\n\n\n\n<p>Lire plus PMA5 : Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile (Doha, Qatar, du 4 au 9 Mars 2023)&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18699\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ici<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Note :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/node\/18703#_ednref*\">*<\/a>&nbsp;Ce r\u00e9sum\u00e9 est bas\u00e9 sur des notes et des enregistrements. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 dans un souci de clart\u00e9 et de concision ; des sous-titres ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s pour mettre l'accent sur certains points et apporter des clarifications. Karen Judd a contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction finale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"244\" src=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1116\" srcset=\"https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8.png 600w, https:\/\/www.socialwatch.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-8-300x122.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chantal Umuhoza (RESURJ, Rwanda), Maureen Penjueli (Pacific Network on Globalisation, Fiji), Mar\u00eda Graciela Cuervo (DAWN, Dominican Republic), Chee Yoke Ling (Third World Network), Anita Gurumurthy (IT for Change, India), Ambassador Lachezara Stoeva (President of ECOSOC).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cLe diagnostic n'est pas bon, mais nous essayons de garder la feuille de route du d\u00e9veloppement\u201d a r\u00e9sum\u00e9 l'ambassadrice Lachezara Stoeva, pr\u00e9sidente de l'ECOSOC, dans son dialogue avec la soci\u00e9t\u00e9 civile lors du&nbsp;Forum de la soci\u00e9t\u00e9 civile&nbsp;du&nbsp;cinqui\u00e8me sommet des PMA.* Le Conseil \u00e9conomique et social (ECOSOC) est l'organe intergouvernemental de l'ONU charg\u00e9 de superviser l'Agenda [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[142,143],"tags":[],"class_list":["post-1119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-news","category-social-watch-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1119"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1119\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1130,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1119\/revisions\/1130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialwatch.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}